Grâce présidentielle arbitraire

Publié le par DA Créteil, etc...

Chloé Martin a publié un excellent article sur Rue89 ("La France gracie des détenus méritants... surtout certains")qui apporte des éclaircissements tout à fait intéressants sur les conditions dans lesquelles se sont effectuées les grâces présidentielles de cette fin d'année. 

Nous ne saurions que trop vous recommander d'aller le lire intégralement, dès lors qu'il fait un point exhaustif sur la question. Pour cela,
cliquez là.

En voici quelques extraits pour vous donner un bref aperçu :

[...] Vingt-quatre heures avant Noël, Nicolas Sarkozy a bien fini par gracier Jean-Charles Marchiani. L'ancien préfet du Var était incarcéré depuis le 26 mai dans le quartier VIP de la prison de la Santé, à Paris. Il purgeait une peine de trois ans et dix-huit mois fermes pour "trafic d'influence" et "recel d'abus de bien sociaux".

Son délit ? Avoir perçu des pots de vin à hauteur d'1,3 millions d'euros touchés dans le cadre d'un marché d'armement, et touché 1,5 million d'euros sur l’attribution d’un marché à la société Aéroports de Paris. Mais le parcours judiciaire de ce proche de Charles Pasqua, pilier du RPR, ne s'arrête pas là: il est également prévenu dans le procès Angolagate.

Marchiani, qui devait purger sa peine jusqu'à 2010, pourra du coup demander une libération conditionnelle, ayant purgé la moitié de sa peine. [...]

[...]
Pourquoi c'est contestable ?
L'une des principales décisions de Nicolas Sarkozy en matière pénitentiaire avait consisté, à peine élu, à annoncer en 2007 qu'il tournait le dos à la pratique des grâces présidentielles. Jusqu'alors, les présidents de la République français avaient coutume de gracier quelques milliers de détenus le 14 juillet.

A peine entré en fonction, Nicolas Sarkozy avait ainsi déploré que ses prédécesseurs usent de cette soupape comme d'un moyen de désengorger les prisons. Où s'entassent aujourd'hui plus de 63 000 détenus dans 50 000 places.

Les syndicats rappellent que Jacques Chirac avait déjà largement réduit les libérations de la Fête nationale, en en restreignant les bénéficiaires potentiels: "ni récidivistes ni affaires de mœurs".
Chez FO-Pénitentiaire, Jérôme Capdevielle s'étonne du revirement de l'Elysée : "Que Nicolas Sarkozy prenne cette décision politique, pourquoi pas. Mais qu'il décide un an plus tard d'accorder sa complaisance à certains détenus devient indécent car ça ne concerne plus qu'une poignée de personnes. En termes d'affichage, c'est déplorable, et c'est très difficile à expliquer sur le terrain aux détenus. On véhicule forcément l'idée d'une justice à deux vitesses."

Sur le même sujet, entre fait du prince et justice à deux vitesses, Jean-Claude Souléry a écrit un édito dans La Dépêche lui aussi très intéressant, dont la conclusion est la suivante : "Jean-Charles Marchiani, Julien Coupat, Yldune Lévy, Julien Dray : on pourrait toujours dire que l'acharnement de la police, de la justice et du pouvoir est impénétrable. À coup sûr, il est à géométrie variable."
Pour en prendre connaissance totalement, cliquez là.

Autre article se rapportant à cette grâce arbitraire, celui de Frédéric Durand dans L'Humanité, qui retrace notamment toute la "blibliographie judiciaire" de Jean-Charles Marchiani. A lire en
cliquant ici.

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