Effets d’aubaine sur fond de crise ?

Publié le par DA Créteil, etc...

Un article de Sonya Faure et Luc Peillon dans Libération s'interroge sur la possibilité que certains groupes puissent profiter du contexte de crise pour "dégraisser" leurs effectifs ou délocaliser.

Les 3 Suisses, Renault, PSA, Valéo, Sanofi, Hewlett-Packard... ont annoncé les uns après les autres des restructurations et licenciements. Voici quelques extraits de l'article de Libération que vous pouvez consulter en
cliquant là.


[...] mais il n’y a pas que les salariés des grands groupes, au contraire. Ceux-là entraînent avec eux leurs sous-traitants, leurs prestataires, souvent moins solides. Deux exemples : Renault vient d’officialiser la suppression de 1 000 postes de prestataires de services du technocentre de Guyancourt. Et quand Hewlett-Packard décide de délocaliser une partie de sa production en Malaisie, c’est le groupe logistique Fleuret Machet (FM) qui annonce, le 19 décembre, qu’il va supprimer 489 emplois en Moselle. « il s’agit des sous-traitants de deuxième rang et au delà. Les donneurs d’ordre ont mis une telle pression sur les prix d’achat que les sous-traitants sont pressurés et ne parviennent pas à se consolider financièrement», analyse Olivier Laviolette, du cabinet Syndex. [...]


[...] malgré le cataclysme bancaire et les chutes des ventes d’automobiles, ces grandes entreprises ne profiteraient-elles pas de la crise pour dégraisser un peu plus que nécessaire pour maintenir leur marge, comme l’a par exemple dénoncé Bernard Thibault, le patron de la CGT ? Les groupes s’en défendent.

[...] Les experts en social ou en ressources humaines, eux, sont plus nuancés (lire ci-contre). «Même si elles sont désormais confrontées à des difficultés économiques réelles, de nombreuses entreprises profitent de la crise pour faire passer des projets de réorganisation qui étaient déjà inscrits dans leur stratégie : relocalisation, fermetures d’usine», estime ainsi Olivier Laviolette. Et même dans l’automobile, l’ampleur des plans sociaux est un choix, pas forcément une fatalité : «Les donneurs d’ordre refusent aujourd’hui d’accepter la cyclicité des marchés, poursuit le consultant. ArcelorMital ou Renault, par exemple, ont de très bons résultats sur les trois premiers trimestres 2008.

[...] La priorité, c’est de sécuriser les résultats financiers, et de stabiliser les dividendes. "Les salariés, dans ce système, deviennent la seule variable d’ajustement. Il y a un transfert du risque sur le salarié au profit de l’actionnaire." [...]

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