Réaction d'une infirmière après la mortelle erreur d’une collègue

Publié le par DA Créteil, etc...

Voici quelques extraits d'un billet fort intéressant trouvé sur le blog d'Anne Perrault Soliveres, infirmière de nuit de son état, et qui réagit à la suite de l'événement dramatique qu'a été la mort d'un petit garçon à la suite d'une erreur de traitement commise par une collègue.
Pour retrouver son blog, cliquez sur son nom ci-avant, et pour retrouver le billet, cliquez sur le lien sur l'article : Après la mortelle erreur d'une infirmière

[...]

Les effectifs minimum, la prévalence de la rentabilité sur le sens des soins, le turn over, la mobilité des soignants érigée en dogme par un management déconnecté du réel, le recours à des intérimaires plus ou moins qualifiés amènent les infirmières à travailler dans des services desquels elles ne sont pas familières.

De plus, nous sommes confrontés à une pénurie organisée depuis plus de vingt ans qui affecte gravement l’organisation, la sécurité et la qualité des soins. Toutes ces raisons font que le risque de se tromper a considérablement augmenté suite aux différentes réformes qui tendent à rationaliser et protocoliser chaque jour davantage notre travail de soignants.

Et que l’on ne m’accuse pas d’indécence à évoquer un contexte dégradé dans une affaire malheureuse, ce blog est là pour témoigner que ma préoccupation de la sécurité des patients et des soignants ne vient pas de s’éveiller !

[...]

L’extrême vigilance dont nous sommes supposés faire preuve en toutes circonstances, et à toute heure du jour et de la nuit, est une illusion grossière car aucun être humain ne saurait s’affranchir totalement du danger d’un instant d’inattention, en particulier dans nos métiers où interviennent de nombreux facteurs de perturbation.

[...]

au lieu de développer des garde-fous et tenter d’instaurer de meilleures conditions de travail afin de mieux contenir les risques pour les infirmières et les médecins, on fait peser sur eux la menace de judiciarisation de leurs actes. Jamais je n’avais entendu avant ces dernières années autant d’infirmières évoquer leur peur de faire une erreur, certaines évoquant même le désir de redevenir aides-soignantes pour échapper au poids d’une trop grande responsabilité...

Je suis totalement convaincue de la nécessité d’évaluer nos actes et leurs effets, à condition que l’objectif soit de les faire évoluer dans la qualité. Or l’évolution que j’ai dénoncée avec toute la force de ma conviction n’a d’autre effet que pointer l’insuffisance des professionnels après avoir contribué à les affaiblir par des exigences trop élevées.

[...]


L'ensemble de ce billet est édifiant et mérite vraiment d'être lu en intégralité. Alors, sans hésitation, lisez le.


Commenter cet article