ALERTE !!! Inquiétudes sur l'indépendance de l'AFP

Publié le par DA Créteil, etc...

Voici quelques extraits d'un article de Caroline Stevan, trouvé sur le site Internet du journal suisse Le Temps, intitulé "Inquiétudes sur l'indépendance de l'Agence France Presse".

 
L'Agence France-Presse craint pour son indépendance, du moins ses salariés. [...] Pour l'heure, elle est un savant mélange de coopérative, d'établissement public et de société privée. "Le statut de 1957 a été intelligemment pensé, de manière à poser très fortement le principe d'indépendance rédactionnelle, note Pierre Louette. Le problème est qu'il n'a pas véritablement organisé de financement solide de l'agence. Nous manquons de fonds propres." L'AFP entend en effet "accompagner ses clients dans leur mutation numérique" et doit, pour cela, achever sa propre conversion. Mais produire davantage de vidéos ou de contenus multimédias a un coût. "En tant que membre du conseil d'administration, l'Etat a demandé à Pierre Louette d'étudier une réforme du statut qui permette de pérenniser l'agence et d'assurer son développement. Nous attendons ses propositions avant d'adopter une position", admet-on à Matignon.

Plusieurs scénarios sont possibles, dont celui d'une ouverture du capital à des fonds privés. [...] "La société ne rapporte pas d'argent, les actionnaires charitables n'existent pas. Le seul enjeu sera le contrôle de l'information, argue Maria Carmona, déléguée de la Confédération générale du travail (CGT). Nous pouvons craindre une approche des industriels français comme (Francis) Bouygues ou (Vincent) Bolloré; ils s'intéressent tous aux médias."

Certains, même, s'inquiètent d'une tentative sarkozienne de mainmise sur l'AFP et ses millions de dépêches rédigées par 2200 salariés et des milliers de pigistes à destination de quelque 5000 clients à travers le monde. [...]

L'AFP figure dans le trio de tête des agences d'information, avec les anglophones AP et Reuters. Elle abreuve la plupart de nos médias et façonne largement notre vision du monde. Depuis cinq décennies, elle se veut une vitrine de la puissance française autant qu'un outil de la francophonie. Nicolas Sarkozy, sans doute, n'est pas prêt à revenir là-dessus. Le président de la République s'était plaint, toutefois, durant la campagne de 2007, d'une couverture des événements trop favorable à sa rivale Ségolène Royal. "Pour l'instant, les critiques, quand il y en a, viennent de tous les côtés. C'est bien la preuve de notre indépendance", note Maria Carmona. Une indépendance que les salariés sont prêts à défendre en allant jusqu'à la grève. Une vitrine française, donc.

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