Interview de Ségolène Royal dans Le Parisien

Publié le par DA Créteil, etc...

Pour retrouver l'article sur le web, si vous n'avez pas déjà acheté le journal, il suffit de cliquer là.
Voici quelques extraits, tout de même :


 
 


Le Parisien : Vous étiez la seule personnalité politique française présente à l’investiture de Barack Obama. Que vous a apporté ce voyage ?
Ségolène Royal.
La force que dégage la réconciliation d’un pays avec lui-même. Une foule immense, noire et blanche, compacte, recueillie, venue voir, de tous les coins d’Amérique et du monde, si ce qui arrivait était vrai. Barack Obama met aussi en place un plan de relance très puissant, qui peut avoir des conséquences positives en France. Il y a un lien très direct entre ce qui se passe à l’échelon international et ce qui se passe au plan local. [...]

Le Parisien : Nicolas Sarkozy a estimé, qu’en temps de crise, le faste de cette investiture était peut-être un peu déplacé…
Ségolène Royal : La dignité, la sobriété et l’élégance de l’investiture de Barack Obama n’ont aucun point commun avec la soirée au Fouquet’s [...].

Le Parisien
: Pendant que vous étiez aux Etats-Unis, le PS a présenté son contre-plan de relance à la crise. Comment le jugez-vous ?
Ségolène Royal : Les propositions sont nécessaires, car les mesures de Nicolas Sarkozy sont trop faibles. Par comparaison, le plan de Barack Obama est de 800 milliards de dollars sur deux ans, c’est-à-dire 3 % du PIB par an. Avec une priorité aux investissements dans la croissance verte.

Le Parisien :
Le contre-plan, présenté par Martine Aubry, est-il à la hauteur ?
Ségolène Royal : Il a le mérite d’exister, mais il faut aller plus loin avec un volet sur la croissance écologique et sur la réforme fiscale. Il faut une modification structurelle de la façon de produire, de consommer. J’ai envoyé, il y a quinze jours, des propositions à la direction du PS, avec des actions concrètes sur la croissance verte, et je n’ai pas retrouvé cela dans le plan. J’espère qu’il y aura une deuxième étape…

Le Parisien : L’eurodéputé Vincent Peillon affirme que vos proches ont été consultés pour ce plan, François Rebsamen dit le contraire. Qui faut-il croire ?

Ségolène Royal : Il y a une façon très simple de faciliter la consultation de tous, c’est que Martine Aubry fasse ce que je lui ai demandé à la fin du congrès et qu’elle a refusé : intégrer les 50 % du parti que je représente, avec de nombreux responsables politiques de talent, dans la direction. Les Français et les militants attendent que nous soyons unis et que nous jouions collectif. Je suis toujours prête à prendre une responsabilité dans le parti. Je peux m’occuper de l’international par exemple… Comme ça, on ne me reprochera plus de me déplacer de ma propre initiative…

Le Parisien :
Plan anticrise, farouche opposition à l’Assemblée, motion de censure : le PS est à l’offensive ?
Ségolène Royal : Oui, mais attention à l’image que l’on donne. [...] Dans le contexte actuel, les provocations de la droite sont irresponsables. Je comprends d’autant plus la colère des députés PS qu’ils étaient prêts à discuter. Le risque, c’est la surenchère et que les Français renvoient dos à dos la droite et la gauche dans ce spectacle.

Le Parisien :
Dans moins de cinq mois ont lieu les élections européennes. Vous engagerez-vous ?
Ségolène Royal : Comme toujours, je suis disponible pour faire campagne et défendre des idées. [...]

Le Parisien :
Serez-vous candidate ?
Ségolène Royal : [...] Je préfère le mandat de présidente de région et je veux garder du temps pour approfondir la recherche d’idées neuves pour la gauche du XXI e siècle.

Le Parisien : Hier matin, le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, s’est dit "scandalisé sur la violation de présomption d’innocence" dans l’affaire Julien Dray.

Ségolène Royal : Julien Dray a droit à la présomption d’innocence. [...] Il faut respecter le droit des personnes.

Le Parisien : Vous lui renouvelez votre amitié ?

Ségolène Royal : Bien sûr. On a dit de moi que je l’avais lâché. Ce n’est pas le cas. Simplement, je ne peux rien dire de plus, car je n’ai pas d’informations.

Commenter cet article