Ségolène Royal : "J'en ai marre..."

Publié le par DA Créteil, etc...

Ras-le-bol. Ségolène Royal a exprimé sa colère mardi matin quant à l'attitude des banques et du gouvernement face à la crise. "J'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre de voir des banques continuer comme si de rien n'était à pratiquer des taux d'intérêts à 18 %", s'est-elle emportée sur RTL , fustigeant l'État, dont la "responsabilité aujourd'hui est de mettre en contrepartie des règles à l'injection de fonds publics dans les banques". Le gouvernement est "inerte, en deçà de ce qu'il faudrait faire, et n'a pas pris l'ampleur de la crise", a-t-elle dénoncé.
 

Ségolène Royal : "J'en ai marre, j'en ai marre, j'en ai marre !" 

Un jugement sans appel de la présidente PS de Poitou-Charentes, qui renvoie l'exécutif à son "péché originel" : le paquet fiscal. "Ces 15 milliards d'aides auraient dû être mieux répartis", a-elle fustigé, estimant qu'ils auraient pu correspondre à 1.000 euros pour 15 millions de familles. "Il y a également la réforme fiscale qui ne vient pas", s'est-elle insurgée, affirmant que la chasse aux niches pourrait rapporter "1.000 euros pour 20 millions de personnes"."Il y a une angoisse profonde", a prévenu Ségolène Royal, citant pêle-mêle les exemples des "chefs d'entreprises qui se suicident parce qu'ils sont au bout du rouleau", ou les "retraités qui ne prennent plus qu'un repas par jour." "Les Français voient les mois se dérouler et leur endettement s'enfoncer", s'est-elle alarmée, rappelant que "la crise financière est née du surendettement des ménages aux Etats-Unis."

 

L'ancienne candidate à l'élection présidentielle s'est ensuite brièvement expliquée sur son récent voyage à Washington, à l'occasion de l'investiture de Barack Obama. "Je vais là où il y a des moments historiques très importants, mais qui ont un lien les uns avec les autres." Pour Ségolène Royal, "les sachants ont mis le système dans le mur". La solution ? "Il faut que le système social reprenne la main, prenne la rue. Comme l'a dit Barack Obama, avec la démocratie participative, il faut profiter de la crise", a-t-elle insisté, dans une nouvelle tentative subtile de tisser la comparaison entre la démarche du nouveau président américain et la sienne.

"Aujourd'hui, il n'est plus possible de faire de la politique sans les gens"
, a-t-elle fait savoir avant de partir dans les prochaines heures pour le forum social de Belem, au Brésil. "Avec les altermondialistes, un autre monde est possible. Nous devons tous inventer le modèle de développement qui va succéder à la crise."

Enfin, invitée à commenter les tensions au sein du PS, Ségolène Royal s'est montrée sereine : "Je ne demande rien pour moi. Je me débrouille comme je peux", a-t-elle répété à plusieurs reprises. La grande rivale de Martine Aubry sait en tout cas se faire entendre.

A lire également, l'analyse que Philippe Cohen fait de l'intervention de Ségolène Royal dans Marianne 2 :
"Crise : Royal appuie là où ça fait mal". Intéressant, dans la mesure où il indique approuver la stratégie de Ségolène visant à cibler ses attaques à l'encontre de Sarkozy sur le paquet fiscal et sur l'aide aux banques, deux points qui illustrent à merveille l'oeuvre par nature inégalitaire de la présidence de Sarkozy.

Commenter cet article