Qui connaît Monsieur Périgroux ???

Publié le par DA Créteil, etc...

Grâce à la revue de presse d'André, je suis tombé sur ce billet de Marie Lavin qu'elle a publié sur son blog Médiapart sous le titre "Le discours de Saint Lô ou qui connaît Monsieur Périgroux ?"
J'ai beaucoup ri, jaune certes, mais beaucoup ri quand même. Et vous ?


On trouve sur www.elysee.fr le texte et la vidéo d’une grande partie des discours du Président de la République, j’y ai téléchargé hier l’allocution prononcée à Saint Lô (oui, vous savez,  là où les sifflets ont coûté leurs postes au préfet de la Manche  et au directeur départemental de la sécurité publique...) à destination des « personnels de l’Education ». Il semble évident que l’origine du document (site de la Présidence de la République), comme la position, au sommet de l’Etat, de celui qui l’a prononcé, confèrent à ce texte une forte valeur officielle. Les enfants des écoles comme leurs maîtres, les observateurs du système éducatif en France et à l’étranger  devraient pouvoir y trouver matière à réflexion.

Or ce qui frappe aussitôt, c’est l’incroyable négligence présidant à la mise en ligne de ce qui ressemble plus à un brouillon qu’à un  discours de chef d’Etat. Dès la deuxième page on bute sur une magistrale  faute d’orthographe, associée à une syntaxe pour le moins relâchée: ... "Mais si la solution de plus d'argent était la bonne, mais alors pourquoi tous les ministres de l'Éducation précédents on (sic) échoué"...Plus loin une faute de frappe : "car en abaissant el (re-sic) niveau d’exigence on accroît les inégalités". Ailleurs, à une orthographe déficiente (ah les accords !),  est associé l’usage d’un néologisme : "Tout le monde est d’accord sur le fait qu’il y a des enfants qui ont besoin d’être plus encadrés que les autres, parce qu’ils ont plus de difficulté, souvent d’ailleurs corolées avec les difficultés sociales de la famille".

 


Passons sur l’aspect "prudhommesque" de sentences, dont la plus emblématique est celle-ci: "Un pays de 60 millions d’habitants, qui recruterait ses élites parmi 10% de sa population serait l’équivalent d’un pays de 6 millions d’habitants",  pour constater  que le style général du discours se verrait qualifié à tout le moins de "relâché" dans une copie de collège ; ainsi on peut lire : "Il y a eu des périodes plus faciles pour diriger un pays que la crise que nous connaissons aujourd’hui" et cela conduit parfois à des phrases carrément incompréhensibles, comme celle qui suit : "Toute la solidarité que nous devons à ceux de nos enfants qui doivent s'en sortir ne résoudra pas ce problème, on ne peut pas travailler à la place de celui de saisir la chance que la société lui donne". Guère plus claire l’affirmation selon laquelle "En la matière, la gauche et la droite devraient faire preuve de beaucoup d’humilité sur le chantier de la réforme en matière d’éducation nationale parce que j’en vois beaucoup qui parlent et assez peu qui pourraient donner des leçons compte tenu de ce que fut la réalité à ce moment-là".

 

Mais ce qui a provoqué chez moi une inquiétude dont je ne suis pas remise, c’est la phrase suivante (son contenu, pas sa construction, pour le moins acrobatique pourtant, ni sa ponctuation, elle aussi problématique...) qui me plongea dans des abîmes d’interrogations : "...S’il suffisait, pour répondre au malaise de ne rien faire ou donner davantage d’argent, mais c’est ce qu’ils ont fait tous, de gauche comme de droite, M. CHIRAC avec M. DEVAQUET, M. JOSPIN avec M. ALLEGRE, M. PERIGROUX( ?) n’a rien eu du tout, bien évidemment puisque, de son point de vue non plus, on ne peut pas dire qu’il ait annoncé ou mis de son côté le moindre projet de réforme...". Connaissant bien l’Education Nationale, pour y avoir occupé de nombreuses fonctions, je fus fort étonnée de découvrir un nouvel acteur du système éducatif, acteur dont j’ignorais tout.  Perigroux pourtant, à lire le texte présidentiel (et à l’entendre car je m’en fus vérifier avec la version parlée et j’ai entendu le Président évoquer avec conviction l’échec patent du dit Périgroux), était à mettre sur le même plan que Messieurs Chirac et Jospin, premier ministre donc peut-être... Et je n’en savais rien ! Perigroux m’avait échappé !  Certes il n’avait annoncé aucun projet de réforme, certes il n’avait obtenu aucun résultat, mais quand même, comme pouvais-je ne pas connaître quelqu’un que le Président considérait comme si évidemment notoire ?  Heureusement  Google existe et allait certainement renforcer ma honte en me déroulant le curriculum vitae de ce personnage important.  Curieusement, Google renvoyait uniquement ...Au discours de Saint Lô !  Yahoo appelé à la rescousse, ne trouvait pas mieux. Ne pouvant imaginer que Nicolas Sarkozy  en soit réduit à inventer des hommes politiques pour justifier ses propos,  je supplie les lecteurs de ce texte qui en sauraient plus de mettre fin à la question qui me taraude : mais qui est donc Périgroux ? En attendant que ce mystère soit résolu, mieux vaut éloigner les enfants du site de l’Elysée,  leur niveau scolaire s’en ressentirait.

Publié dans Humour

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