L'inquiétante augmentation des prix des produits de première nécessité

Publié le par DA Créteil, etc...

Par Désirs d'entreprendre


Pâtes, Riz, Huile : les prix des produits de première nécessité continuent de flamber malgré une baisse très sensible du prix des matières premières depuis l’été 2008 et la 2ème « réforme » de Nicolas Sarkozy en quelques années.


L’alerte a été lancée cette semaine par la publication d’une étude Nielsen dans le magazine LSA des fortes hausses de prix constatées entre Janvier 2008 et Janvier 2009.


Les plus fortes hausses concernent les produits de première nécessité que sont les pâtes alimentaires (+10,8%), le riz (+11,2%), l'huile alimentaire (+8,4%). De hausses fortes touchent le vin de table (+8,1%), la farine (+5,7%) et le lait en poudre de (+5%).


Comme nous l’avions écrit en décembre 2007
et alors que Nicolas Sarkozy présentait sa seconde loi sur la distribution et le commerce, la modération des prix n’a concerné que les grandes marques alors que les marques distributeurs et les « premiers prix », surconsommés par les ménages modestes, ont vu leurs prix littéralement exploser. Ainsi le prix du riz "premier prix" a explosé de 36,3% comme le révèle l’article de la revue LSA.

C’est là une difficulté très importante à laquelle doivent faire face notamment les ménages modestes. En effet les dépenses alimentaires représentent 18,4 % du budget des ménages modestes (16,4 % pour l’ensemble des ménages).


Ces hausses de prix se font pourtant dans un contexte particulier de crise et de baisse des prix des matières premières agricoles depuis l’été 2008. Quand le prix du blé a retrouvé son niveau de début 2007, quand le prix du riz retrouve le niveau de janvier 2008, quand le prix du lait a baissé de 13% en janvier et quand enfin le prix du brut a été divisé par 3, les prix des produits de grande consommation eux ne baissent pas, bien au contraire avec une inflation de 4% / 5% à fin décembre 2008.


Sur une plus longue période l’association de consommateurs UFC-Que Choisir pointe du doigt les marges la problématique des marges exorbitantes, qu’elle illustre notamment par l’exemple de la filière de la viande, montrant que, si les prix à la production, c'est-à-dire ceux payés aux éleveurs de bovins, de porcs et de ¬volailles, ont baissé respectivement de 10 %, 5 % et 18 % entre 1990 et 2008, ceux payés par les consommateurs, eux, n'ont cessé d'augmenter (respectivement 48 %, 26 % et 19 %).

Au bout de la chaîne, les baisses de prix des matières premières ne sont jamais répercutées à la baisse !

Ces hausses de prix se font aussi alors que Nicolas Sarkozy avait promis en présentant sa seconde loi sur la distribution une baisse des prix et une hausse du pouvoir d’achat des Français (réforme de la loi Galland qui permet aux distributeurs de mettre l’ensemble de leur négociation dans les prix de vente). Un second échec après la première loi de 2004 et une même promesse de baisse des prix.


Pourquoi ? Parce que le gouvernement se cantonne dans le diagnostic, comme le fait remarquer Alain Bazot, Président d’UFC-Que Choisir dans son éditorial de ce mois. Le gouvernement tout entier tourné vers la communication a déjà oublié la loi votée, ne s’intéresse pas à ses résultats et surtout il ne s’attaque pas au cœur du problème :

Une concurrence insuffisante entre les grands distributeurs et entre les différentes formes de distribution ainsi qu’un manque flagrant de transparence quant à la formation des prix.


En matière de distribution, il y a pourtant beaucoup à faire pour créer une véritable concurrence et favoriser l’émergence de nouvelles formes de distribution plus respectueuses de l’environnement (circuits courts, etc…) comme des producteurs.


Ajoutons aussi que de nombreuses PME agro-alimentaires françaises risquent la faillite, fragilisées, en raison d’un crédit raréfié et de pratiques prédatrices qui ne doivent pas être sous-estimées. L’Etat doit jouer son rôle en prenant une part au capital des banques pour rediriger le crédit vers l’économie réelle et en luttant contre les pratiques commerciales « prédatrices » et discriminatoires qui mettent à genoux nombre de producteurs.


La régulation ne doit pas rester une figure des meetings de Nicolas Sarkozy mais doit devenir une réalité de notre vie économique.
C’est seulement ainsi que les prix aux consommateurs baisseront.


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