Interview de Jean-Pierre Mignard dans Le Monde

Publié le par DA Créteil, etc...

INTERVIEW DE JEAN-PIERRE MIGNARD EXTRAIT DE :

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/02/26/le-ps-ne-peut-se-passer-de-segolene-royal_1160600_823448.html


faawru : C'est quoi le "royalisme" ? Que peut-on en dire ?

Jean-Pierre Mignard : Le "royalisme", c'est déjà un néologisme qui fige une théorie dans le temps. Je préfère pour ma part parler du socialisme et des apports de Ségolène Royal au socialisme du XXIe siècle. Le premier apport tout à fait essentiel sur le plan théorique notamment, c'est le constat du dépassement de certaines formes d'organisation politique et ensuite, de la nécessité de recomposer les partis pour les rapprocher des électeurs, de la société, et même considérer qu'il doit exister entre eux un tronc commun pouvant aller jusqu'à la désignation des candidats, par exemple. Je crois que l'apport de notre travail collectif et de Ségolène Royal, c'est de prendre acte que les citoyens sont aujourd'hui aussi informés que les membres des partis politiques, ce qui n'était pas le cas au XIXe siècle ni même pendant une partie du XXe. Nous sommes donc à égalité d'intelligence et de savoir, et il faut en tirer toutes les conséquences sur la manière dont nous vivons nous-mêmes la politique.


Benquisen : Que vont changer les membres de Désirs d'avenir fraîchement nommés à la direction du PS ?

Jean-Pierre Mignard : J'espère que d'abord ils y apporteront une fraîcheur supplémentaire. Ensuite, ils auront à faire le travail qui leur est confié dans le cadre de leur secrétariat national. Et ce sera pour eux l'occasion de vérifier que l'ouverture n'est pas un vain mot. A ce sujet, je regrette que cela n'ait pas été fait dès le congrès de Reims, car les mêmes sont restés les mêmes, rien n'a changé dans l'ordre des motions. Et si la synthèse, car c'en est une, peut se faire maintenant, elle pouvait tout aussi bien se faire à Reims. Alors pourquoi tout ce désordre et ce temps perdu, que les Français ont jugés sévèrement ?


alex : Que pensez-vous de la déclaration de M. Valls qui se dit ni royaliste ni aubryste ?

Jean-Pierre Mignard : Il est sur ce point fidèle à sa position, je ne l'ai jamais entendu dire qu'il était royaliste ni aubryste, donc je ne suis pas surpris. Je crois qu'il est Manuel Valls. Il a soutenu et ardemment contribué au score de la motion et à la candidature de Ségolène Royal. Il a toujours défendu ou prétendu à sa singularité. Donc là, rien de nouveau.


sophie_sainte-marie : Si le "royalisme" n'était pas soluble dans le PS, quelle alternative possible ?

Jean-Pierre Mignard : Je pense que le dépassement du PS ne peut se faire qu'avec l'accord de toutes ses composantes. Sa refondation – car à la fin, c'est bien de cela qu'il s'agit – ne peut se faire qu'avec le mariage de toutes les cultures qui le composent, et la convergence avec d'autres qui ne sont pas en son sein aujourd'hui, et enfin et surtout, dans une relation politique absolument nouvelle aux citoyens et à la forme même de l'engagement politique. Je ne conçois pas d'avenir séparé de Ségolène Royal et de Désirs d'avenir du Parti socialiste, et les dirigeants du PS feraient aussi bien d'admettre que l'avenir du PS ne peut pas se passer de Ségolène Royal et de ses amis. Mais notre avenir n'est pas dans un huis clos, il est dans le dépassement.


Utilisateur25 : Peut-on être adhérent de Désirs d'avenir et ne pas être adhérent du PS ?

Jean-Pierre Mignard : Oui, tout à fait. Espérons même que cela reste provisoire. Désirs d'avenir a toujours milité pour que les adhérents non membres du PS finissent par y entrer. C'est sur ce point un acquis. Ce qui est bien la démonstration du caractère non sectaire de ce mouvement, qui n'est pas un parti politique, qui est à la croisée des chemins entre une association de rénovation des pratiques politiques et le mouvement d'éducation populaire. Ainsi nous avons lancé six universités participatives de la connaissance qui devront réunir des dizaines de milliers de participants à travers les forums, les sites et les réunions qui ponctueront les six sessions universitaires. Notre objectif est encore une fois d'être un pont entre le parti politique et la société pour dépasser les formes obsolètes de la vie politique.


Leila : Pourquoi n'êtes-vous pas rentré à la direction du Parti socialiste ?

Jean-Pierre Mignard : J'avais pour ma part envisagé ma présence au secrétariat national, à la rénovation, auprès d'Arnaud Montebourg. J'avais en effet été le rédacteur de la partie concernant la rénovation du PS dans notre motion. Martine Aubry n'a pas considéré que la présidence de Désirs d'avenir était compatible avec un secrétariat national adjoint à la rénovation du PS. C'est un événement anecdotique, mais je le regrette pour les 8 000 membres de Désirs d'avenir, dont 80 à 85 % sont membres du PS. Ce qui montre que l'ouverture est un combat.

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