Quand Ségolène Royal se mêle aux agricultrices

Publié le par DA Créteil, etc...

Le quotidien Sud Ouest a publié un article intéressant sur le petit déjeuner que Ségolène Royal a partagé avec des agricultrices du Sud Charentes, dans le cadre de la journée de la femme.
Cet article de Bertrand Ruiz est assez intéressant, notamment parce qu'il laisse la parole à des femmes qui parlent du monde rural sans faux semblant. Pour le consulter en intégralité,
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[...] Après être passée la veille par Chalais, Brossac et Aubeterre, la présidente de la Région était invitée, hier matin, à partager le petit-déjeuner avec une douzaine d'agricultrices du Sud-Charente, à la ferme de la famille Audoin, dans la petite commune de Pillac.

Les hommes se tiennent à l'écart et les femmes ont la parole. À commencer par la maîtresse des lieux, Mauricette, qui, avec sa belle-fille Sandrine, s'occupe de l'activité volailles de la ferme de « Chez Méry ».

"Mon mari cultive les céréales qui vont nourrir nos poulets, pintades ou canards, raconte Mauricette. Nous vendons directement à la ferme mais aussi sur les marchés. L'arrivée de ma belle-fille dans l'affaire nous a permis de trouver d'autres débouchés, en cuisinant des rillettes ou des confits, à destination des boucheries ou de la restauration collective."


Les fourneaux et le commerce... Presque un stéréotype. Simplement parce que les femmes s'y sentent « à l'aise ». Quelles soient viticultrices, horticultrices ou éleveuses, qu'elles aient reçu la terre en héritage ou qu'elles aient "épousé le métier en même temps que le mari", qu'elles admettent parfois "avoir été plus à l'aise avec le stylo qu'avec la fourche", toutes expliquent longuement leur amour d'une certaine idée de la ruralité...


Sans oublier d'énumérer les difficultés que Ségolène Royal note, au fur et à mesure, sur un bout de papier.

Comme toutes les femmes, les agricultrices vivent "la double journée", dans les champs et au foyer. Sauf que leur métier ne connaît pas la notion de 35 heures. "Du travail, il y en a ! Mais les charges sociales trop lourdes nous empêchent de recruter." Et quand le recrutement est possible, les candidats ne sont pas nombreux ou insuffisamment formés. "Ne nous voilons pas la face, dit l'une d'elles. Si l'emploi se féminise dans l'agriculture, c'est parce que les hommes ne veulent plus de ces emplois moins bien payés que les autres."


Ségolène Royal adoube et, parfois, tombe des nues. Notamment quand on lui annonce le montant ridiculement bas des retraites des conjointes d'exploitants agricoles. "Il faut absolument faire quelque chose pour corriger ça !"

En plus de son café, la présidente de la Région boit aussi du petit lait quand les agricultrices fulminent contre la "fermeture des services publics" dans les campagnes. "Comment voulez-vous préserver une présence humaine en milieu rural si les services au public y sont absents ?" Ségolène Royal n'en pense évidemment pas moins.

Auteur : Bertrand Ruiz

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