Le plan de relance pour l'industrie automobile, un leurre ?

Publié le par DA Créteil, etc...

L'un des axes du plan de relance clamé par le "Président" concerne l'industrie automobile. C'est en effet à hauteur de 6,5 milliards d'euros que s'élève la contribution de l'Etat aux constructeurs, sous forme de prêts à taux préférentiels, et en échange d'engagements sur l'emploi, les rémunérations et les dividendes. A ces mesures, s'ajoutent celles en faveur du chômage partiel dont les industriels automobiles attendent beaucoup, comme on peut le lire dans un article de l'Usine Nouvelle du 9 février dernier.

Comme vous l'aurez sans doute remarqué, aucune contrepartie n'a été demandée en terme de recherche et de développement vers des solutions alternatives en lien avec les principes du développement durable. Pourtant, je me souviens d'un reportage succinct de France 2 sur le salon de l'automobile de Genève, dans lequel la voiture "verte" était à l'honneur et où l'on citait des prototypes ou véhicules en voie de commercialisation pour Toyota, Dodge, Chrysler... En résumé, les constructeurs du monde entier s'engagent résolument dans cette voie, conscients qu'à moyen et long terme c'est la seule solution pour leur viabilité économique. Les constructeurs français semblent assez éloignés de ces conclusions, et paraissent raisonner sur le court terme, comme en témoigne leur manque d'intérêt devant l'appel à projet lancé par la région Poitou Charentes pour la création de véhicules électriques à un coût modique.

Lors de la manifestation du 19 mars dernier, de nombreux salariés de l'industrie automobile s'étaient mobilisés. Dans son article "France, ton industrie automobile fout le camp", l'hebdomadaire Marianne a rencontré trois salariés des entreprises Renault et Peugeot-Citroën, qui nous font partager leur perception de l'efficacité du plan de relance dans le secteur.

En voici quelques extraits, vraiment édifiants :
- François de chez Peugeot, site d'Aulnay sous Bois "Il y a trop de boulot. La direction de PSA a pris la décision de faire chômer les 4/5e des sites du groupe. Du coup, à Aulnay, au mois d’avril et de mai, on va bosser deux samedi de plus par mois. Il nous font même bosser le samedi de l’Ascension."
- Sophie de chez Renault, site de Guyancourt "la direction est actuellement en négociation avec les syndicats pour mettre en place des périodes de chômage technique. Et c’est quand même la première fois qu’on évoque le chômage technique dans le tertiaire…"
- Alain de chez peugeot, site d'Asnières "La direction a annoncé la fin de la production pour juillet prochain"

Qui peut encore prétendre que le plan de relance du "Président" est efficace ?

Le mot de la fin à François, l'un des interviewé, concernant l'efficacité de la journée de manifestation du 19 mars : "Ce n’est pas une fin en soi. S’il n’y a rien derrière, ça n’aura servi à rien. Ce qu’il faudrait, c’est faire comme en Guadeloupe : la grève générale. Parce que la dernière fois que les ouvriers ont obtenu de vraies avancées, c’était après les grèves de 1936 et de 1968. Si on arrivait à la grève générale, il faudrait négocier une augmentation des salaires, un blocage des prix, et — sinon ça ne servirait à rien — un contrôle des comptes des entreprises."

Marianne
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article