Les économistes déboussolés

Publié le par DA Créteil, etc...

Bernard Maris anime la rubrique "L'Autre économie" sur France Inter et collabore fréquemment avec l'hebdomadaire Marianne. Voici quelques extraits de son billet Vive la crise des économistes, trouvé sur le site Internet de Marianne.


Et si les économistes n’étaient pas capables de penser la crise économique ? S’ils n’étaient pas outillés conceptuellement pour imaginer ce qui se passe, en ce moment, autour d’eux ? On peut imaginer qu’ils sont comme des piétons perdus dans la foule, et qui ne savent pas où va cette foule... Pourquoi court-elle, où va-t-elle... Ils avaient des lunettes et les ont perdues. Ils étaient capables de penser un monde de la croissance, où l’offre trouvait sa demande, où le crédit trouvait ses emprunteurs, bref un monde où rien d’extraordinaire ne se produisait, et voila que tout se casse. C’est un peu comme un équipage capable de diriger un bateau manoeuvrant, où il n’y a rien à faire, et qui se trouve complètement dépassé par une tempête qu’il n’a pas vue venir. [...]

Il existe pourtant des lois économiques. Quand l’économie va bien, et qu’on n’a pas besoin de lois. Mais en période de crise, les lois économiques disparaissent, c’est ça le problème. Et puis, quelles sont les lois économiques, à part la sempiternelle loi de l’offre et de la demande ? Une fois qu’on a parlé de la loi de l’offre et de la demande, on a tout dit, en économie ! Or il se trouve qu’en période de crise, cette loi ne fonctionne plus. Les prix des immeubles s’effondrent, et la demande d’immeubles n’augmente pas, au contraire, elle diminue ! Les taux d’intérêt baissent, et la demande de crédit n’augmente pas, au contraire elle s’effondre !

Nous vivons une crise du rapport à l'argent
Les économistes pensent que les individus sont rationnels, raisonnables, qu’ils font attention à leurs dépenses, à leurs coûts, leurs salaires etc. Or il s’avère qu’en matière économique, les personnes sont plutôt irrationnelles. Tantôt elles s’enthousiasment, tantôt elles sont déprimées, angoissées. Ce qu’on appelle la "confiance". La confiance est un phénomène totalement collectif et psychologique. La confiance est valable pour une économie comme une armée. Quand une armée perd confiance, la déroute est proche. [...]

Retrouvez L'autre économie, la chronique de Bernard Maris sur France Inter.
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