Des bienfaits du volontarisme en politique

Publié le par DA Créteil, etc...

Après quelques jours de combats politiques, médiatiques et sociaux intenses menés par les salariés d'Heuliez soutenus par Ségolène Royal, l'Etat s'est finalement engagé à soutenir l'entreprise menacée de faillite. Sous conditions, certes, mais l'engagement à hauteur de 10 millions d'euros est tout de même bien réel.
On peut s'interroger sur les raisons qui poussaient jusque là le Fonds Social d'Investissement (FSI) à faire la sourde oreille aux demandes de l'entreprise. Mais l'on doit surtout analyser ce qui a pu produire un tel renversement de situation.

Cette question a déjà été évoquée à de nombreuses reprises sur ce blog, notamment à travers l'engagement de l'entreprise en faveur du développement électrique à coût modéré, dans le cadre de l'appel à projet lancé par la région Poitou Charentes. La situation financière de l'entreprise est problématique depuis quelques temps déjà, comme l'explique précisément un article de Julia Pascual dans Libération, intitulé "
Heuliez, quand l'Etat refusait son aide". Et c'est d'ailleurs pour ces motifs que le F.S.I. a dans un premier temps refusé d'aider Heuliez.

Ce qui a permis de changer la situation, c'est sans conteste l'investissement, l'engagement et l'acharnement dont Ségolène Royal a su faire preuve, tant en engageant la région Poitou-Charentes à hauteur de 5 millions d'euros dans le plan de sauvetage de l'entreprise, qu'en démontrant avec force et finesse le double langage du gouvernement sur la lutte contre la crise. L'enjeu était double : d'une part sauver mille emploi dans le département des Deux Sèvres, et, d'autre part, sécuriser une entreprise qui a choisi de s'inscrire résolument dans la croissance verte.

A cet effet, je vous recommande la lecture du billet de Jean-Michel Normand dans le blog "Puzzle socialiste" : "
Ségolène Royal, pasionaria de la croissance verte".

Mardi 24 mars devant la presse
, Ségolène Royal à de nouveau mis la pression sur le Fonds stratégique d’investissement (FSI), auquel l’entreprise réclame 10 millions d’euros pour boucler un plan de reprise dans lequel la région s’est déjà engagée à hauteur de 5 millions. Plutôt que d’accuser le gouvernement de chercher à nuire à Heuliez – "je ne vois pas de malveillance politique", prévient-elle – Mme Royal met en cause "la pagaille" qui caractériserait l’action du gouvernement et "son manque de vision, de cap et de lignes directrices". "Qui décide de ce qui doit faire le FSI ? Matignon, Christine Lagarde, les conseillers de l’Elysée ? On ne sait pas" accuse Ségolène Royal qui entend faire d’Heuliez "un symbole fort" de la mobilisation pour la "croissance verte".
segoheuliez444.1237908472.jpgSelon elle, il faut "concentrer les efforts et les investissements" sur cette "croissance verte", un domaine où l’action publique peut engendrer de réels effets de leviers. Rappelant les actions engagés par sa région (plan photovoltaïque, dispositif anti-OGM, aide aux économies d’énergie) Mme Royal y voit le moyen d’imprimer "des effets structurants en faveur de l’industrie" en lançant des programmes d’isolation des logements ou en finançant des projets de véhicules électriques "mais aussi en faveur de l’agriculture". [...]

A force d'obstination et parce qu'elle est persuadée que la croissance verte est LA solution pour sortir de la crise systémique et qu'elle permettra également de crédibiliser un discours de gauche résolument tourné vers l'avenir, Ségolène Royal a montré avec brio qu'il y a encore de la place pour un réel volontarisme politique... Surtout quand ce volontarisme permet de fonder une alternative crédible.

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