Qui nous coûte cher ? par Jean-Louis Bianco

Publié le par DA Créteil, etc...

Nous ne cesserons de le dire : la lecture du blog de Jean-Louis Bianco est une réelle source d'inspiration. Aussi, n'oubliez pas d'aller régulièrement consulter ses écrits : http://www.depresdeloin.eu
En voici un bel exemple :


La couverture du magazine Challenges est titrée "Ces élus qui nous coûtent cher"… avec en filigrane l’accusation qui porte sur le nombre de collectivités et sur des élus qui seraient trop nombreux.


Certes, la France compte beaucoup d’élus locaux, nationaux ou européens et dans certains zones, leur nombre pourrait être réduit. Mais n’oublions pas que la très large majorité est composée de maires ou conseillers municipaux de petites communes ne percevant qu’une modeste indemnité ou souvent y renonçant. Des maires qui souvent font tout, du débouchage des égouts à l’éclairage public, en passant par la réfection de murs qui s’effondrent. Avec près de 37 000, la France détient (et de loin) le record du nombre de communes en Europe : après le souhait de l’exécutif de supprimer les départements ou certaines régions, va-t-il s’attaquer aux villes et aux villages ?… Cela n’a pas de sens.


Évidemment, cela ne doit pas nous empêcher une réflexion sur d’éventuels rapprochements, sur le rôle des intercommunalités et leur représentation démocratique, sur le nombre parfois excessif d’élus dans certaines collectivités ni sur la clarification des compétences de chacun selon l’échelon.


En revanche, il est étonnant de stigmatiser ainsi ceux qui travaillent pour la collectivité en omettant de préciser le coût considérable des "cadeaux" offerts par cette même collectivité aux plus grands dirigeants d’entreprises privées, sans même d’ailleurs que celles-ci ne créent un seul emploi…


Un seul exemple : grâce à une réforme de la fiscalité sur les dividendes votée par la majorité UMP, le dirigeant de LVMH a touché 327 millions d’euros en 2007 et a économisé 19,5 millions d’euros, soit plus de 1 300 ans de salaire annuel d’un Français au SMIC.


Concernant les "gaspillages" de la puissance publique, là encore, on oublie souvent ceux qui profitent aux grands groupes et à leurs principaux actionnaires privés. Un seul exemple : En 2003, lorsque Nicolas Sarkozy est ministre de l’Intérieur, le
groupe Carlyle a acheté à l’État français les locaux de l’Imprimerie nationale, qui est alors démantelée, pour 85 millions d’euros. L’État lui a racheté en 2007 ces mêmes bâtiments pour en faire le nouveau ministère des affaires étrangères, pour 376,5 millions d’euros, soit 4,5 fois le prix de départ après environ 120 millions d’euros de travaux…


Jean-Louis Bianco

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