Un excellent billet de Maître Eolas

Publié le par DA Créteil, etc...

En voici un billet aussi bien écrit que documenté sur ce fameux triste événement, qui a vu des policiers emporter deux enfants de 3 et 6 ans...
A lire avec attention et sans modération, comme l'ensemble de son blog, du reste !



Aux âmes bien nées, la retenue n'attend pas le nombre des années

I
l y a des fois où je redoute d'arriver au bout de mes réserves d'indignation tant elles sont sollicitées. On avait déjà vu des policiers débarquer dans une classe de maternelle pour emporter deux enfants de 3 et 6 ans à expulser avec leur mère (vous ne me croyez pas ?
C'est un horrible canard gauchiste qui le raconte), on avait déjà vu quinze gendarmes embarquer une famille avec un bébé de quatre mois pour placer tout le monde en rétention à 500 km de là.Six policiers entourent et escortent une fillette d'environ quatre ans, tache de rose au milieu du bleu nuit.


La série continue, cette fois ci sans aucun lien avec le droit des étrangers.


Une mère habitant 
Floirac, en Gironde, aperçoit un jour à l'école Louis-Aragon où va son fils une bicyclette ressemblant fort à celle que son fils s'était fait voler peu de temps auparavant. Elle va s'en plaindre auprès du directeur d'établissement, lui demandant de saisir cette bicyclette. Le directeur lui répond à juste titre qu'il n'en a absolument pas le pouvoir, cette affaire étant étrangère à l'établissement et concernant la vie privée des enfants. La mère n'en démord pas et va porter plainte à la police pour vol.


En Gironde, on ne plaisante pas avec le vol de bicyclette.


Deux voitures de police et six fonctionnaires vont donc attendre à la sortie le cycliste suspect. Âgé de dix ans. Et là, problème. Le vélo volé était vert, et celui du voleur présumé était bleu. Le gamin faisant défaut, c'est la littérature qui a volé, mais au secours de la force publique : 
si ce n'est toi, c'est donc ton cousin, âgé de six ans, qui lui a un vélo bleu. Que la mère du bambin spolié reconnaît comme étant un vélo volé à son fils il y a deux ans. Peste ! Ça sent la bande organisée. En tout cas, on cherchait un vélo d'un certain modèle vert, on a un vélo de ce modèle mais bleu, et on a un vélo d'un autre modèle mais vert. L'enquête progresse à grands pas. Tout le monde au commissariat.


Les enfants vont passer deux heures au commissariat, avant que la mère du voleur présumé n'arrive avec une attestation d'un sous-officier de l'armée de l'air jurant qu'il avait acheté lui-même le vélo suspect au gamin, ce que ce dernier expliquait depuis deux heures.


Au temps pour nous, dirent les policiers, remettant les enfants en liberté, une larme à l'œil à l'idée de ne pouvoir mettre une croix dans la case “affaire élucidée” des chiffres du commissariat, mais néanmoins consolés de pouvoir en mettre une voire deux dans la case “gardes à vue”, puisque ce critère fait partie des chiffres exigés par le ministère de l'intérieur dans cette culture du résultat qui fait tant de dégâts.


Les faits sont relatés par 
un article de la Dépêche.


En droit, que s'est-il passé ?


Lire la suite

Commenter cet article

Bouni 28/05/2009 00:43

Il ya des commentaires d'une rare stupidité de gens qui ne savent pas (ou ne veulent pas) lire des explications pourtant très claires à la fois dans l'article et sur le lien vers La Dépêche. C'est ridicule .

mechaoui 27/05/2009 20:31

eh oui le vélo a été rendu à la petite fille qui a retrouvé le sourire, dommage qu'il faille en arriver là à cause de parents incapables de bien élever leurs enfants!

mechaoui 27/05/2009 17:57

eh oui le vélo volé a été restitué! La petite fille victime a retrouvé le sourire! Malheureusement beaucoup d'autres enfants sont victimes de vols ou d'emprunts (rackets). Sa mère a eu le courage de la défendre en alertant le directeur de l'école qui l'a orientée vers la police (cf Ponce Pilate). La suite ne serait pas arrivée si les parents du petit voleur avaient veillé à son éducation!