Qu'est-ce qui a de la valeur ?

Publié le par DA Créteil, etc...

C'est une interrogation aussi profonde qu'intéressante que Jean-Louis Bianco explore sur son blog (http://www.depresdeloin.eu).
Il est essentiel d'en lire l'intégralité, que vous retrouverez en cliquant ici.
Cela dit, voici un extrait de la fin de ce billet :



[...]
Ce qui nous amène évidemment à la question du PIB et de la mesure du progrès. En écho à la réflexion de Hervé Hutin sur "l’ordre marchand", Karl Polanyi disait dès 1944 que la croyance aveugle aux vertus du marché conduisait à une impasse, parce qu’elle transformait en marchandises trois éléments réfractaires à ce traitement : le travail humain, la nature et la monnaie.
 
Sur le PIB,la meilleure synthèse a été faite par Dominique Méda dans l’ouvrage Au-delà du PIB, pour une autre mesure de la richesse.
Initialement on pensait (et certains pensent encore) que produire beaucoup permettait l’opulence pour tous. C’est l’argument développé par Adam Smith dans Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations.
 
Rappelons les limites du PIB :
- Il ne valorise que l’activité conduisant à la production de biens et de services qui seront appropriés par des individus. Seul le travail rémunéré est considéré comme une activité digne d’intérêt : le temps avec les proches, le temps citoyen, le temps domestique sont comptés pour zéro.
- Le PIB ne s’intéresse pas aux inégalités.
- Il ne prend pas en compte les dégâts engendrés par la production,en particulier le capital écologique ou le patrimoine naturel.
 
Il faut donc  à la fois mesure le patrimoine naturel (Bernard Chevassus-au-Louis vient par exemple d’écrire un rapport sur l’Approche  économique de la biodiversité), mais aussi le capital "social" ou la qualité de la vie.
 
L’indicateur de Développement Humain (IDH) créé en 1990 par le PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement) combine le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’instruction (taux d’alphabétisation et taux de scolarisation) en donnant un poids égal à chacune de ces trois dimensions. De nombreux autres indicateurs existent. Des initiatives intéressantes ont été prise par des pays, par exemple le Bonheur National Brut du Bhoutan, l’Indice de Bien-Etre Durable de l’État d’Acre, dans l’Amazonie brésilienne, ou encore l’Indicateur de Santé Sociale de la région française Nord-Pas-de-Calais.
 
Au total, il existe deux difficultés majeures :
- L’arbitraire des pondérations entre les différents critères.
- La complication dès lors qu’on veut être plus précis.

Il faudrait enfin que les citoyens puissent s’approprier ces évaluations, ce qui suppose évidemment, la démocratie participative au travers de conférences citoyennes. J’y reviendrai.

Publié dans Rénover et Inventer !

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