L'Université populaire sur la crise, comme si vous y étiez

Publié le par DA Créteil, etc...

Vous trouverez ci-après un point de vue personnel de Martine de Nogent, nous racontant "son" Université participative du lundi 15 juin sur le thème de la crise :


Pour la forme
comme dans les discothèques :
- salle bondée,
- température tropicale,
- beaucoup n'ont pas pu rentrer..

Pour le fond
Jacques Attali : premier de la classe, discours sans note, convaincant, pédagogue, une pointe de catastrophisme saupoudrée de lendemains possiblement heureux, tout à la fois dénonciateur et force de proposition, sauf que...il n'est bien sur pas revenu sur le rapport qu'il a rendu à Sarkozy et sur ses dernières positions où il dit clairement qu'il espère que Sarko réformera les services publics (car il faut bien le dire les réformes actuelles sont pour beaucoup made in Attali)

Il a aussi dit à Ségolène qu'elle avait été l'espoir de la gauche et ...qu'elle le serait encore.
Il a souligné toujours et encore la domination du capitalisme anglo saxon que le G 20 n'avait en rien réussi à modifier.
J'ai retenu : faudra t-il augmenter les impôts ou vivre la récession ? (il s'est exprimé en premier car ensuite il est parti)

Philippe Aghion : il a été assez bref, brillant il a comme il fallait s'y attendre plus que cautionné le modèle scandinave, graphes à l'appui. Ce fut, de mon point de vue (au fond à gauche écrasée contre un géant) parfait !

Jean-Paul Fitoussi : j'ai un peu décroché, car son intervention était uniquement audio et je n'arrivais pas à me concentrer, désolée je ne peux rien en dire, je vais devoir ré-écouter.

Yann Algan : mon préféré - d'autant qu'entre temps j'avais récupéré une chaise :)
Ce jeune économiste a planché sur la notion de défiance dans l'entreprise mais aussi au sens large, défiance mais aussi donc confiance; lors de son intervention nous avons appris que les français sont des pros de la défiance mais ouf ! Il a aussi dit que ce n'était pas cette une "tare culturelle", on peut y échapper en mettant en place la confiance ; il considère la confiance comme capital de développement.
Yann Algan a travaillé sur des études statistiques réalisées depuis de très nombreuses années de manière simultanée dans les pays industrialisés. Ses recherches démontrent que la défiance généralisée, qui sévit en France, explique "dans une large mesure pourquoi la France a du mal se réformer et pourquoi la France a du mal à mettre en place un état-providence généreux"
Les données présentées hier sont effectivement très frappantes :
Ainsi "plus de 50% des Français pensent que pour arriver au sommet, il faut être corrompu". La France est située sur cette question dans le même groupe que la Russie !  Et comme il l'a souligné "le règne de Sarkozy et la bande du Fouquet’s n’arrange pas les choses"...

Je poursuis, quand 2 Scandinaves sur 3 pensent que l’on peut faire confiance aux autres, on ne trouve qu’un seul Français sur 5 pour penser la même chose !  Yann Algan démontre que cette société de la défiance généralisée a un coût économique et humain considérable pour le pays.
Il démontre aussi chiffres et graphes à l’appui que les pays les plus égalitaires en termes de redistribution sont aussi ceux où l’on se fait le plus confiance. Les dérégulations passées, ayant accru les inégalités, ont contribué à détruire le niveau de confiance. Il a expliqué que la transparence dans la vie économique et citoyenne contribue à élever le niveau de confiance ce qui rend par exemple les économies scandinaves très performantes.
Pour en finir avec cette société de la défiance qui nous plombe, Yann Algan a proposé de nombreuses pistes, comme une plus grande transparence, (j'ai aimé) une meilleure redistribution, des syndicats forts et eux aussi transparents mais surtout il a proposé des changements importants au niveau de l’éducation (j'ai adoré).

Je cite : "... Nous avons un système éducatif extrêmement castrateur, qui dès la petite enfance prépare non pas aux normes de sociabilisation, mais beaucoup plus à la connaissance pure. On a abouti à une école maternelle où l’on apprend l’alphabet et l’algèbre alors que les petits scandinaves apprennent les normes de sociabilisation, sans notes"...

Je passe sur 2, 3 intervenants, je n'ai pas pris de note en permanence, pour finir sur Jacques Barbier qui œuvre auprès de notre chère Présidente (toute la soirée, ils l'ont appelé Madame la Présidente, joli clin d'œil !) dans la région Poitou-Charentes.
Il a avec force, fait un puissant plaidoyer pour les actions multiples de Ségolène en faveur de la croissance verte (au sens large)et de son plan énergie solaire; il a expliqué son parcours, et décrit par le détail l'expérience d'agro carburant à base d'algues lancé dernièrement en Poitou-Charentes.
Son intervention était dense et riche (encore une fois ce n'est que mon appréciation)

Voici donc mon mini compte-rendu, en conclusion je dirai que : j'ai passé une excellente soirée.

Amitiés à tous

Martine

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