Nicolas Sarkozy, "le roi flou"

Publié le par DA Créteil, etc...

C'est le titre d'une tribune de François Bonnet, publiée sur le site Internet de Médiapart aujourd'hui, après le show de Nicolas Sarkozy à Versailles devant le Congrès. Pour le lire en intégralité, cliquez là.
Voici quelques passages qui vous donneront sans doute l'envie de suivre le lien :



Tout ça pour ça ! Fallait-il donc mobiliser la République, réquisitionner Versailles, convoquer anciens présidents et premiers ministres (ils ont d'ailleurs boudé), susciter par des confidences la mobilisation générale des médias... pour, au final, nous asséner un assommant discours reprenant de vieux slogans ? De ce discours, il ne reste déjà rien. Sauf ce constat : il y a le feu dans les finances de l'Etat.
[...]

Au vu du discours du président, cette journée ne peut que provoquer le malaise. La faiblesse du propos présidentiel, l'absence de décisions, la reprise en boucle de thèmes éculés ou de phrases déjà maintes fois prononcées, bref, ce pâle discours, d'ailleurs mal maîtrisé puisque le président n'a pu que rarement sortir de la lecture d'un texte où l'on percevait quelques-unes des sentences de son conseiller Henri Guaino, aura mis à bas l'ambition présidentielle.

 

Car depuis dix jours, l'Elysée avait placé, par ses confidences, la barre très haut. Révolution institutionnelle, Versailles devait donner le signal d'une révolution programmatique et lancer sur orbite la seconde moitié du quinquennat avec un horizon : 2012 et son élection présidentielle. "Ce n'était évidemment pas un discours de politique générale", a aussitôt précisé l'UMP Jean-François Copé. Il est vrai que la victime collatérale de cette journée est François Fillon, ou plutôt la fonction de premier ministre.

 

Il ne restera donc de cette journée qu'un apparat mis au service de Nicolas Sarkozy et des siens. [...] 

De ce point de vue, tout fut fait pour signifier l'abaissement du Parlement. [...]

 

Le simple voyage de Versailles suffisait-il à Nicolas Sarkozy ? Sans doute, puisqu'il lui aura au moins permis de semer un peu plus la division au sein d'une opposition assommée. Et qu'il a été l'occasion de signifier à sa majorité, encline à la révolte il y a quelques semaines, qu'il n'était qu'un seul chef, lui.

 

Car pour le reste, la seconde moitié du quinquennat s'annonce identique... à la première. Avec, sans doute (mais le flou du propos empêche d'être affirmatif), un plan d'austérité en plus. [...] 

Nicolas Sarkozy fait donc du Nicolas Sarkozy. Avec ses annonces jamais suivies d'effet : celle, par exemple, d'un meilleur partage de la richesse entre travail et capital, qui fut brutalement annoncée en... février (la fameuse règle des "trois tiers") et oubliée depuis. Avec sa litanie de slogans au volontarisme creux : "Quelle est la liberté de celui qui a peur de sortir de chez lui..." ; «Le gaspillage des intelligences, c'est le pire des gaspillages" ; "Nous serons au rendez-vous des réformes" ; "Les délocalisations sont devenues insupportables" ; "Nous n'avons le droit de gaspiller un seul euro !"...

 

Le président a des priorités. Les mêmes. La grande concertation annoncée pour les trois mois à venir, sans en avoir précisé le cadre, les acteurs, la méthode, devrait lui permettre de commettre... de nouveaux discours. Mais le flou et la confusion continueront à dominer l'action publique.

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