Ségolène Royal dessine une nouvelle relation avec la Chine

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Ségolène Royal a tracé mardi à Pékin les grandes lignes d'une nouvelle relation avec la Chine, affichant ses différences avec la politique suivie depuis 12 ans par le président Jacques Chirac.

Mme Royal a annoncé que la Chine, qui inquiète et fascine à la fois en France, serait une de ses priorités diplomatiques si elle était élue, lors d'une conférence de presse, au dernier jour d'une visite entamée samedi. 

"Si je suis élue, c'est l'un des premiers pays où je reviendrai parce que les enjeux sont tout à fait considérables pour l'émergence des coopérations économiques", a déclaré la candidate, expliquant vouloir engager une coopération à la fois ouverte et exigeante.

"La Chine est en quelque sorte notre nouvelle frontière, il faut surmonter les craintes, maîtriser la mondialisation, imposer des règles communes et défendre une nouvelle forme de développement", a-t-elle poursuivi.

Elle a jugé cependant que la Chine "s'investit avec courage" dans cette nouvelle forme de développement. "Très peu de pays en développement ont pris conscience de façon aussi aiguë de la nécessité de changer les conditions de la croissance", a-t-elle estimé.

"C'est d'ici que viendra la survie et l'invention du nouveau modèle de développement", celui du "développement durable", a déclaré la candidate.

Tout au long de sa visite, si elle a partagé avec Jacques Chirac le souhait d'un "monde multipolaire", elle a affiché sa différence avec la politique chinoise de l'actuel président français, que ce soit pour les droits de l'Homme ou dans le domaine économique, jugeant que "chaque époque a besoin d'être réinventée".

Appelant le régime communiste chinois à respecter les "droits humains", un concept regroupant droits de l'Homme, sociaux et environnementaux, Mme Royal, qui a pris la défense de cinq journalistes et avocats emprisonnés ou relégués, a expliqué vouloir prendre au mot les responsables du géant asiatique lorsqu'ils affirment vouloir d'une "société harmonieuse".

L'un des moyens est d'exiger de la Chine le respect des engagements contenus dans un certain nombre de traités qu'elle a signés, notamment le Pacte des droits civils et politiques de l'Onu, a dit la candidate qui s'est déclarée partisane d'une "dynamique positive (...) tout en ne taisant pas les problèmes".

Mme Royal a fait un bilan critique de la présence économique française, pointant ses insuffisances. "Sur le plan économique, la France n'a pas la place qu'elle devrait avoir", a-t-elle noté.

"Je ne suis pas sûre que le rôle des pouvoirs publics et des ambassades soient en phase avec ce que les entreprises attendent", a estimé la candidate socialiste.

Revenant ainsi sur les récents déboires en Chine de la Société Générale et d'Areva face à des concurrents américains, elle a pris à rebrousse-poil les industriels en leur demandant d'assumer leurs responsabilités et souhaitant qu'on ne mélange pas "la question géopolitique avec celle des marchés".

"C'est trop facile lorsque la France perd un marché d'avoir recours à des justifications. C'est une posture bien franco-française de juger que quand on perd un marché c'est la faute des autres et oublier sa propre évaluation", a-t-elle ajouté, en regrettant le manque de coopération entre entreprises européennes.

Ségolène Royal s'est prononcée pour une plus grande présence des petites et moyennes entreprises (PME), reprenant-là un des chevaux de bataille de l'actuel gouvernement.

Elle a également appelé à "sortir de cette logique du refus des transferts de technologie" vers la Chine, en s'assurant cependant du respect des droits de propriété intellectuelle.

AFP

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