MEETING: Royal portée par une marée rose

Publié le par webmaster

 

RTL 01/05/2007 18h16

 
Devant une foule considérable, la candidate socialiste a réussi mardi un meeting d'importance à quelques jours du second tour et à la veille du débat contre Nicolas Sarkozy. Entourée de milliers de sympathisants, parmi lesquels de nombreuses stars de la chanson, Ségolène Royal a tenu discours de rassemblement, à la couleur très sociale et avec le souci de distinguer son projet de celui de son adversaire.

Au peuple de France


Nicolas Sarkozy a eu Bercy dimanche. Ségolène Royal a préféré le stade de Charlety à Paris, mardi (1er mai) après-midi. Un stade qui avait accueilli le grand meeting de la gauche en mai 68 et qui n'aura pas eu à rougir de la foule considérable rassemblée pour l'occasion. Le stade d'une capacité de 40.000 places n'a pas permis d'accueillir tout le monde et a été loin de suffire pour contenir la liesse populaire des rues alentours.

"Je vous salue peuple de France, peuple libre, peuple fier, peuple insoumis et qui veut la victoire", les premiers mots de la candidate ont donné le ton. Un discours de rassemblement, "pour faire gagner la France" selon ses propres mots. Et d'appeler de ses voeux "un pays apaisé, un pays réconcilié avec lui-même pour vous, avec vous et surtout pour celles et ceux qui en ont le moins". "Ceux-là, je leur dis qu'ils ne se découragent pas, nous les prendrons aussi par la main".


Ségolène Royal, très à l'aise, galvanisée par la foule immense, a marqué clairement ce qui la sépare de son adversaire politique, le candidat sortant : "La France ne se laissera pas abuser par des choix qui, même parés des plumes de la rupture et des ramages de la nouveauté, sont marqués du sceau de l'échec et de l'amnésie des bilans", a-t-elle lancé.

"Dimanche prochain, vous aurez le choix entre deux modèles de société", a-t-elle poursuivi, stigmatisant un projet (celui de Nicolas Sarkozy) "brutal" et qui "oppose" les Français entre eux à un projet (celui de Ségolène Royal) "de la paix civile", de "la solidarité" et "du respect".


Société du plein emploi


Un modèle de société dont Ségolène Royal a précisé les contours avec un soin particulier pour la question de l'emploi. "La valeur travail c'est d'abord payer le travail à sa valeur". Une formule qui résume la position de la socialiste. "Je ne veux plus que l'on oppose l'effort humain au goût du risque des entrepreneurs". Souci permanent de réconciliation de l'esprit d'entreprise et du respect des acquis sociaux.

Alors que son rival de l'UMP a fait sien le slogan "travailler plus pour gagner plus", Ségolène Royal a défendu sa proposition de relever le Smic et les bas salaires. "La valeur travail n'est pas un artifice de discours", s'enflamme-t-elle.

"Je ne veux plus voir ces femmes en pleurs devant les grilles de leurs entreprises fermées, les regards des ouvriers licenciés sans protection. Et ceux qui philosophent sur la valeur travail ont-ils vu ces citoyens là ?" s'est-elle interrogée. "La valeur travail ne peut pas non plus se satisfaire de stock-options sans limite, de retraites chapeau que la droite a organisé et feint de découvrir dans les derniers jours de la campagne électorale", a ajouté Ségolène Royal en référence à la polémique sur les indemnités de départ de Noël Forgeard du groupe EADS.

"Oui la France présidente sera la France du plein emploi ce sera mon combat et nous le gagnerons", a assuré la candidate.


De la gauche antilibérale au centre


Ségolène Royal s'est aussi engagée à "rassembler toutes les énergies d'où qu'elles viennent" si elle était élue, disant avoir "entendu" à la fois les messages des candidats de  gauche et des électeurs centristes. "Je ne désignerai aucun ennemi sur le territoire français et même ceux qui n'ont pas mon opinion politique seront associés aux réformes. Je rassemblerai toutes les énergies d'où qu'elles viennent", a déclaré la candidate socialiste.

"J'ai entendu les candidats de la gauche antilibérale : oui, 'la vie vaut mieux que les profits', j'ai entendu l'idéal altermondialiste : 'un autre monde  est possible'", a affirmé Ségolène Royal. La première formule était le slogan de campagne d'Olivier Besancenot, le second celui de la mouvance soutenant José Bové.

"J'ai entendu le message des électeurs du centre et des républicains de progrès : rien ne se fera sans goût de la démocratie, sans une Europe qui fonctionne et surtout sans un Etat impartial", a-t-elle ajouté.

Il lui reste désormais trois jours pour inverser la tendance qui ne lui est pas favorable, à en croire les sondages. Mais à n'en pas douter, la candidate socialiste a réussi, à Charlety, à donner un souffle nouveau à sa campagne.

A.B.
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