Marée rose pour le 1er mai de Ségolène Royal à Charléty

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Une marée de sympathisants, dont beaucoup portaient des T-shirts rouges et des slogans anti-Sarkozy, a convergé mardi vers le Stade Charléty de Paris, où Ségolène Royal a partagé l’affiche avec de nombreux artistes pour son dernier grand meeting parisien.

Marée rose à Charletty La foule se pressait aussi aux alentours du stade et, vers 18h, les organisateurs annonçaient que les dizaines de milliers de personnes massées à l’extérieur ne pourraient pas rentrer. "On ne peut plus accepter de public au stade Charléty qui est bourré à ras la gueule. Je vous demande de rentrer chez vous", lance Yvan le Bolloch, qui se fait huer en retour. "La prochaine fois, on prendra Maracana, ça sera plus simple", plaisante-t-il en référence au mythique stade de Rio de Janeiro. A l’extérieur, "plus de 40.000 personnes attendent de rentrer", crie-t-il, "à moins de les empiler, je ne vois pas comment on va les faire rentrer".

Au même moment, le service d’ordre a le plus grand mal à fermer les grilles, ce qui provoque de belles bousculades. "SO, ça déborde là-bas", crie un membre du service de presse. Plus loin, la gare RER "Cité universitaire" est au bord de l’implosion. Dans un communiqué, les codirecteurs de campagne de Ségolène Royal François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, saluent un "immense succès populaire".

C’est qu’un flot ininterrompu s’était déversé toute l’après-midi sur la pelouse du stade par les deux escaliers de l’entrée. Les premiers arrivés, qui s’étaient étendus sur des nattes, ont dû se lever pour faire de la place aux nouveaux arrivants. "Avec le beau temps qu’il fait, il devrait y avoir du monde", pronostiquait parmi eux Sophie Lapeyronie, une sympathisante, vers 16h. "On donnera une image d’un public joyeux, une image de mobilisation. Ca laissera des traces même si la gauche perd dimanche". "On espère ne pas être déçu à la fin, au second tour", glisse son amie Fanny, qui prend le soleil, les pieds nus sur l’herbe du stade.

Sous un grand soleil, les tribunes enchaînent les olas. Les militants agitent leurs banderoles "Les jeunes avec Ségolène" ou "La France présidente". Deux jeunes gens se présentent en T-shirt orange siglés "Sexy centriste" et déclenchent une ovation : "Bayrou, avec nous ! Bayrou, avec nous !", crient les sympathisants qui les entourent. La plupart des T-shirts sont rouges ou blanc, marqués "Ségolène Présidente", "Fier d’être socialiste" ou encore "Sarko non merci".

"On sent qu’il y a un grand danger pour les valeurs de la gauche", explique Lancelot Azel, un étudiant de Science-Po venu avec la section socialiste. "On est venu aussi pour Ségolène Royal. On n’arrête pas de faire de l’anti-Sarko, mais elle est compétente, il faut le dire", ajoute son amie Sophie Besancenot.

Sur les deux écrans géants installés de part et d’autre de la scène drapée de bleu, blanc et rouge, l’apparition des personnalités présentes dans les tribunes est saluée par des salves d’applaudissements dans tout le stade. A l’applaudimètre, c’est Geneviève de Fontenay, en tailleur et chapeau, qui bat tous les records.

Juste à sa gauche, l’ancien dirigeant communiste Robert Hue attaque "les propos haineux de Nicolas Sarkozy à propos de mai-juin 1968". "Décidément, cette bourgeoisie de l’argent roi n’a pas changé. Elle était du côté de Thiers face à Commune, elle voulait tuer le Front populaire. Aujourd’hui, elle veut annuler les conquêtes sociales de mai 1968, elle n’y parviendra pas." Plus loin, l’ancien Premier ministre Michel Rocard se souvient qu’il avait organisé le rassemblement de la gauche au même endroit le 27 mai 1968. "Ca fait quelque chose", dit-il.

Dans les tribunes, on reconnaissait le footballeur Vikash Dhorasoo, les acteurs Philippe Torreton, Jean-Pierre Daroussin, Didier Bezace ou Didier Podalydès, mais aussi Jane Birkin, Valeria Bruni-Tedeschi et Julie Gayet. Sur scène, les artistes défilent et saluent "le peuple de gauche". "La France, c’est nous aussi", crie le rappeur Disiz La Peste, qui salue les banlieues.

"Nous sommes la nation des droits de l’Homme, la nation de la tolérance", chante Damien Saez, après les prestations d’artistes aussi différents que Bénabar, Lenny Escudero, les Têtes raides, Sapho ou encore Kerry James. Yannick Noah était aussi attendu. En coulisses, le slammeur Grand corps malade explique être venu "pour défendre certaines de nos libertés". "J’ai l’impression que ce rassemblement peut être utile", résume-t-il.

AP - mardi 1er mai 2007 - betapolitique

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