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Samedi 6 octobre 2007

 

Un amendement "anti sans-papiers" - "anti-SDF" retoqué en commission des lois du Sénat.

Je suis tout à fait convaincu que nous en sommes arrivés à ce moment de civilisation où nous ne pouvons plus tolérer que quiconque soit contraint de dormir dehors. La France d’aujourd’hui peut mieux faire. Et elle doit le faire dès que possible.

Nicolas Sarkozy, Convention pour la France d’après (14/09/06)

Médecins du Monde, la Fondation Abbé Pierre, la Cimade, Emmaüs et l’Association nationale des assistants de service social (ANAS) ont protestés contre l’article 21 du projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile. Cet article, ajouté par l’Assemblée nationale en première lecture sur proposition de sa commission des lois et avec l’avis favorable du gouvernement, modifie l’article 4 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituait le droit au logement opposable, afin de subordonner le droit d’un étranger au maintien dans une structure d’hébergement d’urgence à une condition de régularité de son séjour en France.

La mobilisation a fait reculer la majorité UMP qui a retoqué l’amendement en commission des lois du Sénat.

Cet amendement posait un problème éthique sans précédent : les "sans-paiers" SDF auraient eu le choix entre se rendre à la police ou... crever de froid cet hiver. Il posait aussi de sérieux problèmes d’application : bien souvent, les SDF perdent leurs papiers, se les font voler, voir les revendent ; alors conditionner l’aide à la détention de papiers en bonne et due forme, risquait d’entraver toute forme d’aide aux SDF. Cet amendement - qui devait s’intègrer à la loi sur le "logement opposable"-, créait en catimini une loi "anti-SDF".

Les associations ont dénoncés :

"Cet article équivaut à une ’triple peine’ - sans papier ni toit ni possibilité d’aide - dont les conséquences sanitaires seront désastreuses : il ne peut y avoir de santé sans toit", souligne MDM dans un communiqué que l’ONG a déposé solennellement devant la chambre haute mardi matin. "Sur le terrain, les associations ont pour vocation d’accueillir les plus vulnérables et non à contribuer à l’application de mesures de régulation de l’immigration", poursuit le texte.

Avec un tel amendement, "on fait de l’exclusion dans l’exclusion", a déclaré à Reuters Jean-Baptiste Legrand, de l’association des Enfants de don Quichotte, qui lutte pour une meilleure prise en charge des SDF. "On oublie une fois de plus qu’on parle d’être humains sans papier mais pas sans dignité", a-t-il ajouté, pointant ce qu’il considère comme des "pièges" dans la communication gouvernementale. En multipliant les prises de position sur l’amendement ADN, la droite "a éclipsé le débat sur une autre proposition scandaleuse", a-t-il expliqué.

"L’accueil inconditionnel implique que soient reçues les personnes sans aucun préalable lié à leur condition, leur origine ou au regard de leur situation administrative", ajoute la Fondation Abbé Pierre dans un communiqué.

D’un côté, on affirme le droit opposable au logement et de l’autre on en exclut les personnes en situation irrégulière, déplore la Cimade. "Laissera-t-on mourir de froid des hommes et des femmes parce qu’ils sont sans-papier ?", s’interroge l’association oecuménique d’entraide qui a envoyé à tous les sénateurs un courrier "récapitulant l’ensemble des dispositions qui suscitent son inquiétude et sa réprobation" dans le texte sur l’immigration.

Cet amendement, affirme Emmaüs dans un communiqué, change la nature même de ce type d’hébergement qui a vocation à accueillir toute personne, sans discrimination d’aucune sorte. On ne peut imaginer que, dans le pays des droits de l’homme, les personnes qui sont à la rue et en situation irrégulière ne puissent trouver un abri.

Les professionnels de l’action sociale protestent eux aussi :

L’ANAS a transmis aux 6 présidents des groupes politiques du Sénat une demande d’abandon de l’article 21 du projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile.

"Comme nous l’expliquons dans nos courriers aux sénateurs, si cette disposition devait être adoptée, elle créerait une discrimination aux conséquences dangereuses pour les personnes et pour la société. (...) Elle placerait les professionnels devant une nouvelle injonction paradoxale : aider des personnes majeures et mineures en risque voire danger dans des conditions qui les fragilisent toujours plus."

Une telle disposition est incompatible avec l’esprit et le texte d’autres dispositifs essentiels de notre République. Les assistants de service social, en application des principes éthiques internationaux de la Fédération Internationale des Travailleurs Sociaux et des articles 1 et 2 de leur code de déontologie, ne pourront appliquer une telle disposition et seront constamment dans le dilemme éthique de choisir entre légalité et légitimité.

Restons mobilisés car il reste à savoir si l’amendement sera tout de même voté par le Sénat(l’amebndement ADN avait été retoqué lui aussi et finalement voté) et repris par l’assemblée nationale.

* Texte de l’article 21 : Dans la première phrase de l’article 4 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale, après les mots : « qu’elle le souhaite », sont insérés les mots : « et qu’elle peut justifier de la régularité de son séjour sur le territoire dans des conditions définies par décret en Conseil d’État ».


D’autre part,

Base élèves : le référencement de la nationalité des élèves supprimé

Le ministère de l’Education a envoyé mercredi 3 octobre 2007, une note aux directeurs d’écoles primaires leur indiquant que tous les critères "ethnicisés" de la base élèves, à savoir la "nationalité", la "date d’entrée sur le territoire", la "langue parlée à la maison" et la "culture d’origine" étaient supprimés.

Les syndicats avaient dénoncé la remontée de ces données craignant que leur utilisation puisse servir à expulser des familles ayant des enfants sans-papiers scolarisés. Le ministre de l’Education a donc décidé de faire machine arrière. "Ces thèmes sucitaient inutilement l’inquiétude", précise-t-on dans l’entourage du ministre. Ne figureront donc dans le fichier que les éléments "purement scolaires". Le SNUIPP "s’est félicité de cette décision".

Créée en décembre 2004, cette base élèves a vocation à gérer des données sur les élèves. Ainsi, elle contient un dossier sur chaque élève du primaire, comportant des informations sur l’état civil, l’âge, la profession des parents, le parcours scolaire, les suivis particuliers (psychologique, pédagogique)... Son expérimentation a été lancée en 2005 dans 21 départements. Elle est aujourd’hui étendue à 77 départements et la généralisation est prévue pour 2009.



Betapolitique (source: libétation)| 6 octobre 2007 | Démocrypte

Samedi 6 octobre 2007

Madame le Garde des Sceaux,

Ne voyez nul irrespect dans ce courrier. Faute d’avoir eu l’honneur de vous rencontrer et de vous parler, il ne me reste que l’écrit pour vous transmettre le message qui me tient à coeur. Je suis persuadé aussi que vous préférez, comme moi, une parole libre à un silence complaisant, une franchise spontanée à une campagne d’insinuations et de rumeurs.

J’ajoute que, pour respectables qu’ils soient, les syndicats n’ont pas vocation à être les seuls intercesseurs entre vous-même et la magistrature et qu’il y a place pour des visions singulières.

Votre politique, celle qui est mise en oeuvre et celle que vous annoncez, puis-je vous dire que je l’approuve totalement. Je tiens pour rien mes réticences sur telle ou telle fusée intellectuelle lancée par le président de la République et dont la validité serait à vérifier. Par exemple, la comparution des personnes déclarées irresponsables devant les Cours d’assises. Je ne crois pas que les familles de victimes seraient davantage consolées et je suis certain que l’Etat de droit y perdrait.

Pour l’essentiel, mon assentiment pour la loi sur les peines planchers vous est depuis longtemps acquis et je ne perçois que des avantages, pour la société, à faire passer les récidivistes dangereux, majeurs ou mineurs, sous des fourches caudines fiables et rigoureuses.

Si vous parvenez à mener à bien la réforme de la carte judiciaire - et vous avez rappelé votre détermination à ce sujet -, vous aurez réussi, contre tous les corporatismes se déguisant en intérêt public, un exploit qui méritera d’être salué. Vous avez installé une commission pour réfléchir à la dépénalisation du droit des affaires. Ce ne sera pas une mince entreprise entre l’utile exclusion de l’accessoire, sans mauvaise foi caractérisée, et la conservation de l’essentiel clairement frauduleux.

Vous prévoyez, pour la fin du mois de novembre, un grand débat sur la future loi pénitentiaire et si celle-ci tient ses promesses, les prisons, aussi nécessaires qu’elles soient, ne constitueront plus une indignité humaine et une honte pour la République. Ce qui est au coeur de votre projet et qui garantira au moins l’abstention bienveillante de l’opinion publique, c’est la volonté d’améliorer, en même temps, la condition des condamnés et le sort des personnels. A distinguer la première du second, le risque de devoir faire face à une incompréhension outrée était inévitable. Vous y échapperez par cette solidarité tout à fait justifiée. Et la nomination d’un contrôleur général des lieux d’enfermement est une initiative qui aura à l’évidence d’heureux effets. Un regard extérieur sur les univers clos est plus efficace que les vigilances internes trop souvent formelles.

Peut-être vous attacherez-vous aussi à modifier la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Diminuer le nombre de magistrats ne l’affaiblirait pas, mais le rendrait, paradoxalement, plus légitime. Un jour aussi, vous oserez remettre sur le chantier cette question fondamentale de la responsabilité des magistrats. Dès lors que leur activité juridictionnelle tombe dans un dévoiement qui ne la protège plus, on pourrait concevoir un régime élargi de responsabilité qui tiendrait compte de cette dénaturation. Admettre cette exigence non plus comme une charge, mais comme un honneur, loin de fragiliser notre corps, restaurerait la confiance du citoyen qui ne nous prêterait plus un pouvoir sans contrepartie, aujourd’hui intolérable.

Pour ma part, oserais-je suggérer que la division de la magistrature en deux unités distinctes et autonomes - siège et parquet - représenterait une chance pour l’institution. Créer organiquement l’obligation d’un double regard apporterait un esprit neuf à notre procédure pénale qui n’attend que cette révolution puisqu’on ne veut pas de celle, radicale et bienfaisante, qui consisterait à supprimer la fonction de juge d’instruction.

Vous avez manifesté votre désir de nommer plus de femmes à des postes importants de responsabilité. Je n’y vois que des avantages si on ne tombe pas dans le travers qui a permis, parfois, l’hégémonie virile : reléguer la compétence au second plan. Peut-on vous suggérer d’adopter des méthodes moins brutales ? Est-il ainsi indispensable, pour la bonne administration de la justice, de "virer" quelques mois avant sa retraite un procureur général respecté ?

Vous devinez bien que je n’aurais pas eu l’impudence de vous envoyer une correspondance électronique s’il ne s’était agi que d’un aval à donner à votre politique. Vous avez suffisamment de partisans pour n’avoir pas besoin de moi. Il n’empêche que le fond ne cesse pas de me convaincre, mais que la forme me laisse surpris. Au nom du premier, je me permets d’évoquer la seconde.

Par forme, j’entends par là vos apparitions sur la scène mondaine médiatisée. Il y a quelques jours, j’ai parcouru Point de vue et je vous ai vue. Pour ne rien vous cacher, mon premier sentiment fut d’étonnement. Comme on pouvait s’en douter, Le Canard enchaîné vous a consacré un article. Bernard Arnault donnait un dîner historique pour les 60 ans de Dior. Apparemment, la fête fut superbe et vous portiez une très belle robe longue.

Peut-être êtes-vous en train de songer que ce magistrat sur lequel vous avez une autorité, par l’entremise de son procureur général, dépasse les limites et que votre existence de Garde des Sceaux ne le regarde en rien. C’est sur ce point capital que je me sépare de vous.

En effet, il me semble que la communauté des magistrats et son ministre constituent une totalité, une unité, une solidarité qui ne peuvent pas laisser la première indifférente et le second insensible. Il est manifeste que si vous administrez le service public de la justice, si, d’une certaine manière, vous nous gouvernez, vous nous représentez aussi. L’action du ministre que vous êtes ne s’arrête pas, à nos yeux, au seul vote de lois et à des déclarations publiques qui, prononcées parfois devant des publics hostiles, feront de moi à chaque fois le défenseur de votre courage intellectuel et politique. Elle concerne aussi cette immense part de mondanité et de publicité qui vous voit conviée en qualité de Garde des Sceaux et offre une illustration de votre personnalité dans laquelle nous sommes évidemment partie prenante. Pour prendre un exemple, lorsque Claire Chazal a le droit de se laisser photographier en votre compagnie, nous sommes aussi les victimes de cette confusion.

J’ai conscience d’aborder un thème délicat, mais qui me paraît suffisamment important pour que je vous en entretienne. Notre perception de vous-même en qualité de ministre ne parvient pas à occulter cette vie mondaine médiatisée qui, pour être théoriquement à égale distance de la vie personnelle et de la vie politique, représente surtout, sans rapport avec la première, une vision clinquante, superficielle et ostensible de la seconde. Je sais bien que quelques-uns de vos collègues, hommes et femmes, sont friands de ces exercices sociaux et somptuaires, mais votre fonction rend sans doute le hiatus plus éclatant entre le sérieux, la rigueur de la fonction et la futilité de ces manifestations où tout coule et se montre en surabondance. Il est normal que nous nous en préoccupions.

Il serait même scandaleux que le corps judiciaire, dans le secret ou sans fard, ne soit pas attentif à ce qui accable quotidiennement la justice en le comparant avec les soirées brillantes qui, aussi passionnantes soient-elles, semblent trop en décalage, en inadaptation pour ne pas susciter au moins une once de malaise chez nous. Les tragédies, les dérives, les échecs, les désastres enfouis dans l’exercice de toutes les justices, pas seulement pénale, la multitude de ceux réclamant consolation et réparation, de ceux faisant obstacle à la manifestation de la vérité, les contentieux de luxe et les instances de pauvreté, cet immense et contrasté paysage judiciaire n’est-il pas, avec son intensité dramatique, trop lourd pour pouvoir supporter un Garde des Sceaux qui s’adonnerait, sous notre regard de professionnels et de citoyens, à des incursions festives sans commune mesure avec la grandeur de sa charge et l’honneur de notre métier ?

Une seconde, j’ai cru deviner sur votre visage une touche de dérision et comme un peu de condescendance. Certes, vous avez été magistrat, mais vous connaissez et admirez les entrepreneurs, vous raffolez sans doute de l’esprit d’entreprise. Je devine aisément les procès qu’on peut intenter à notre institution. Elle serait ridicule avec sa dénonciation éthique de l’argent et son puritanisme, cet éperdu désir de pureté qui l’habiteraient. J’ai trop souvent vitupéré le corporatisme de beaucoup de mes collègues pour ne pas venir au secours de la magistrature quand elle le mérite. Si notre conservatisme est souvent timoré, il a aussi son allure et nous préserve, avec une intuition rarement en défaut, des pièges qu’induisent les fascinations faciles de la modernité, du luxe et de la profusion. Il est vrai que nous portons en nous, probablement avec trop de raideur et de rigueur, une bonne conscience que j’admets, à force, lassante, une détestation sinon de l’argent du moins de toutes les manières inélégantes et vulgaires d’être riche qui nous rendent, il faut bien l’avouer, la tolérance souvent de plus en plus difficile. Reconnaissez qu’il y a dans le luxe massif quelque chose qui gêne, que la vulgarité suinte même des gens de distinction quand on a l’impression qu’ils ignorent ou méprisent ce qui se passe de l’autre côté de la rue, de la vie. Aussi, on ne saurait tourner en dérision ce qui fait profondément la force de notre être collectif, précisément notre goût des êtres au coeur de toute justice authentique et notre méfiance de l’avoir. Cela ne signifie pas évidemment que nous serions assez sots pour ne pas réclamer une augmentation de nos traitements et, plus noblement, du budget de la justice. Mais je crois que nous sommes parvenus à nous situer, aujourd’hui enfin, dans une morale de l’équité. J’insiste sur ce plan car votre volonté justifiée de battre en brèche nos archaïsmes pourrait vous faire oublier la qualité et la rectitude des principes et des valeurs qui généralement guident notre pratique. Dès que nous pouvons être les témoins de ce qu’accomplit notre ministre de la Justice, ici ou là, côté place Vendôme et côté Dior, nous sommes fondés à penser. On peut garder ces pensées pour nous ou les exprimer. Je suis sûr que vous ne vous irriterez pas de cette étrange missive électronique inspirée par la passion de la justice qui nous est commune. Quelle présomption de ma part, d’ailleurs, que de croire que vous la lirez, mais il n’est pas nécessaire d’espérer pour écrire.

Daignez agréer, Madame le Garde des Sceaux, l’expression de ma très haute considération.

Philippe Bilger in Agoravox

Samedi 6 octobre 2007
 
Malgré des modifications, le principe des tests est maintenu.
 
 
France Terre d’Asile estime que les sénateurs ont apporté quelques améliorations au projet de loi Hortefeux sur la maî­trise de l’immigration. Cela concerne les réfugiés. Les parlementaires ont en effet restauré le délai de recours d’un mois pour les demandeurs d’asile déboutés par l’Office de protection des réfugiés et apatrides, ramené à 15 jours par les députés. Ils ont aussi porté à 48 heures le délai de recours pour les demandeurs d’asile ayant fait l’objet d’un refus d’entrée sur le territoire. Pour le reste, les sénateurs ont entériné le projet. Désormais, les candidats au regroupement familial et les conjoints de Français seraient astreints à une «évaluation de connaissance de la ­langue et des valeurs de la République». Le regroupement familial serait soumis à conditions de ressources, et l’interdiction du recensement des origines ethniques pour la conduite d’études levée.
 
Hier, le fameux amendement ADN continuait à susciter la polémique. La dernière version du texte, qui vise à mieux encadrer le dispositif, prévoit que les tests génétiques doivent être approuvés par un ­juge français. Ils ne concerneraient en outre que la filiation avec la mère, seraient gratuits et employés que pendant une période probatoire, jusqu’en 2010. Sur France Info, Brice Hortefeux a estimé que les sénateurs étaient parvenus à une «version utile, constructive, protectrice» de cette disposition. «Il y a un certain nombre de garanties et de garde-fous, ce qui permet d’aboutir à un texte équilibré», a-t-il affirmé. Thierry Mariani, l’auteur de l’amendement est moins enthousiaste. Pour lui, limiter la recherche de filiation à la mère pourrait être inconstitutionnel. «Prenez le cas d’un veuf qui veut faire venir son enfant, pourquoi serait-il privé de ce droit?» Il craint enfin que l’intervention du juge ne crée «une usine à gaz». Le PS demande que l’article soit «retiré» du projet de loi ou il saisira le Conseil constitutionnel. 

La pétition contre les tests ADN  a franchi la barre des 100 000 signatures. Les dernières sont Aimé Césaire (poète), Bertrand Tavernier (cinéaste), Renaud (chanteur) et Pierre Arditi (acteur). 

Par CATHERINE COROLLER
LIBERATION : samedi 6 octobre 2007





Signons tous la pétition:
Samedi 6 octobre 2007
 
Sous la pression de Martin Hirsch, le gouvernement s’apprête à reculer.
 
Déjà sur la défensive sur les tests ADN ­ (lire ci-dessous), le gouvernement cherche une porte de sortie sur la question de l’amendement Ma­riani, qui restreint l’accès aux centres d’hébergement d’urgence aux étrangers en situation irrégulière. Adopté dans la nuit de jeudi à vendredi par le Sénat, ce texte suscite un vif émoi dans les milieux asso­ciatifs, gestionnaires de centre d’accueil pour les sans-abri. Vendredi, des conciliabules ont eu lieu entre Matignon, le ministre du Logement Christine Boutin, celui de l’Immigration Brice Hortefeux et le haut-commissaire aux Soli­darités actives contre la pauvreté Martin Hirsch. Dans la soirée les deux ministères et le haut-commissariat ont publié un «communiqué conjoint» annonçant que «les associations concernées vont être reçues […] dès lundi pour entendre leurs analyses et lever leurs interrogations». Mais, ajoute le texte «le droit pour toute personne d’être accueillie dans une structure d’hébergement d’urgence n’est pas remis en cause». Contacté par Libération, Martin Hirsch a indiquéqu’il avait ­obtenu «l’accord de Matignon pour trouver une solution qui soit acceptable par les associations». Le matin, sur Europe 1, le haut-commissaire, figure de l’ouverture, avait sonné déjà la charge contre l’amendement Mariani. 

«Inconcevable». 
«Ce n’est pas acceptable» a-t-il lancé rap­pelant que «les centres d’hébergement doivent être là pour héberger ceux qui en ont besoin . Le texte tel qu’il a été voté, pose problème».
 
Avant l’examen de la loi sur l’immigration, Emmaüs, la Fondation Abbé-Pierre, le Secours catholique et Médecins du monde avaient averti que l’amendement Mariani était en contradiction avec leur mission. «Depuis soixante ans, nous travaillons selon le prin­cipe de l’accueil inconditionnel de tous ceux qui se présentent aux portes de nos centres, soulignait vendredi Pierre Levené, secrétaire général du Secours catholique. Il est inconcevable de renoncer à cet ­engagement.» Pour Nicole Maestracci, présidente de la Fnars (Fédération des associations de réinsertion sociale) la loi «va conduire les structures d’hébergement à assumer un rôle de répression et de contrôle».
Distinguo.  Selon Martin Hirsch, l’article sur l’hébergement pourrait «être supprimé ou revu» en Commission ­mixte paritaire (composée de sénateurs et de députés) le 16 oc­tobre. Cet amendement interdit l’accès à l’hébergement de stabilisation (jusqu’à deux mois) aux sans-papiers. Selon cet amendement, ils n’auraient droit qu’à un hébergement d’ur­gence au jour le jour. Mais ce distinguo est biaisé : suite aux campements des enfants de Don Quichotte, tous les centres d’hébergement d’urgence ont vocation à devenir des centres de stabilisation. L’objectif étant de ne plus remettre le matin à la rue les per­sonnes qui y sont accueillies. Interdire aux étrangers sans papiers les centres de stabilisation reviendrait à les priver d’hébergement. 
Par TONINO SERAFINI
LIBERATION : samedi 6 octobre 2007


Je croyais que, selon le Droit français, on pouvait être poursuivi pour mise en danger de la vie d'autrui?...
Vendredi 5 octobre 2007
Le rapport de l'Autorité des marchés financiers montre qu'à l'exception de Louis Gallois, 21 dirigeants d'EADS, Français ou Allemands, ont profité de leur position pour vendre au plus haut leurs actions de l'entreprise. Lagardère gagne du temps, Breton proteste de son innocence, et le gouvernement est embarassé.



 

Cette fois-ci, l'Autorité des marchés financiers a « fait le job » : la note dont le quotidien Le Figaro s'est fait l'écho mercredi 3 octobre, met en cause l'ensemble de l'état-major d'EADS, à l'exception notable du Président d'EADS Louis Gallois. Elle jette aussi un regard cru sur le rôle de Thierry Breton, qui avait succédé à Nicolas Sarkozy à Bercy. La quasi-totalité de l'état-major d'EADS connaissait donc parfaitement dès le mois de mai 2005 l'existence de gros problèmes dans les usines du groupe, problèmes qui allaient entraîner un retard dans la mise au point de l'A380 et pénaliser l'exploitation et les profits de l'entreprise. Toutes ces belles âmes ont choisi de se servir dans la caisse en vendant leurs actions au moment où l'action EADS était au plus haut puisque les marchés et le public ne détenaient pas cette information sur les difficultés à venir. Total du butin : 90 millions d'euros ! En droit, cela s'appelle un délit d'initié, et cela amène ceux qui en sont convaincus au pénal avec le risque de peines de prison avec sursis. Au total, 1200 cadres seraient concernés ! Mais l'AMF a choisi de concentrer ses tirs sur les plus hauts dirigeants.

L'extrait de la note interne à Bercy est, à elle seule, un énorme scandale dans le scandale :
« Nous avons conclu après cette réunion qu'EADS allait traverser une zone de turbulences et qu'en conséquence, il était opportun pour l'Etat de profiter de la valorisation du titre de l'époque qui n'intégrait que les nouvelles positives de l'exercice écoulé et de proposer au ministre une cession partielle de la participation de l'Etat. » Traduction pour le commun des mortels : l'Etat est ici invité à un actionnaire privé veillant à ses intérêts à court terme ! Le ton froid et anodin de la note exprime mieux qu'un long discours la profonde dégradation de l'esprit public et du sens de l'Etat : l'inspecteur des finances auteur de cette lettre n'a aucunement conscience qu'en suggérant au Ministre de vendre les participations de l'Etat, il risque de le mettre hors la loi. En l'occurrence, et c'est sans doute le clou de ce dossier, l'Etat pourrait bien être soupçonné d'avoir lui-même non pas commis un délit d'initié, mais laissé Lagardère et Daimler Bentz le faire. Plus grave : qui est-ce, si ce n'est Thierry Breton, alors Ministre des Finances, qui a ordonné à la Caisse des Dépots de racheter les actions de Lagardère dans EADS, comme l'a souligné Arnaud Montebourg à l'Assemblée ?

La défense des personnalités et des institutions mises en cause semble bien faible. Du côté de Lagardère, on cherche à gagner du temps en indiquant que la note se situe très en amont des conclusions d'une enquête qui n'est pas terminée. Le groupe Lagardère a indqué par ailleurs dans un communiqué laconique qu'il avait « décidé d'introduire toutes les procédures judiciaires nécessaires pour obtenir réparation des dommages qu'il a subis. » De son côté, Dans un premier temps, Thierry Breton n'a pas réagi officiellement mais un de ses proches a déclaré au Monde « Nous n'avions aucun moyen de bloquer la vente de titres. C'est de l'anti-délit puisque l'Etat a toujours gardé ses titres, considérant qu'il s'agissait d'un actif stratégique et qu'il fallait au groupe un actionnaire de long terme. » Enfin, interpelé par les députés socialistes à l'Assemblée, le gouvernement a botté en touche, Christine Lagarde semblant défendre Thierry Breton. Dans la soirée, ce dernier a fini par s'exprimer, démentant que l'auteur de la note ou lui-même ait été au courant des difficultés de fabrication de l'A-380.

Que va-t-il se passer à présent ? On notera d'abord que la note de l'AMF ne fait que confirmer ce qui se disait depuis fort longtemps dans l'entourage de Sarkozy. Ce n'est pas pour rien que le président a semblé prendre ses distances avec celui qui l'appelle « son frère », notamment après que ce dernier ait été entendu le 28 mai, 9 heures durant, par les fins limiers de l'AMF. Quand à Thierry Breton, considéré par Sarkozy depuis le départ comme un pion de Chirac, on comprend que sa seule solution professionnelle ait été de retourner travailler dans le secteur privé, où, hélas, l'égoïsme, même quasi-frauduleux, n'est pas considéré comme un défaut…. C'est justement ce qui débloque dans le néolibéralisme : le refus de payer le travail par un salaire auquel les entreprises préfèrent substituer des stocks options aboutit à des comportements illicites et aberrant pour l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés et de ses petits actionnaires. Voilà qui peut faire exploser la machine. Même si aujourd'hui, la Bourse de Paris n'a pas chahuté le titre EADS, comme si le marché jugeait le comportement de ses dirigeants parfaitement normal. En revanche, le titre Lagardère a dévissé de 5% en une séance.

Il reste à deviner comment va réagir l'Etat-actionnaire au sein d'EADS : Nicolas Sarkozy a une occasion unique d'éloigner Arnaud Lagardère d'une entreprise et d'un secteur qui ne l'a jamais intéressé. Et de montrer que les discours vitupérant d'Henri Guaino contre les « patrons-voyous » durant la campagne valaient engagement présidentiel. Le problème va devenir de savoir si lesdits patrons-voyous sont l'exception ou la règle d'un système devenu fou.
Mercredi 03 Octobre 2007 - Philippe Cohen - marianne2007.info

Si l'on croit Fillon entendu hier au soir sur SOIR 3 (donc tard, et  s'exprimant devant l'Assemblée ?) : l'Etat bien qu'actinonnaire chez EADS, (avec normalement des moyens de contrôle) ne pouvait rien faire : c'est de la faute du dernier gouvernement socialiste qui lors de la restructuration d'EADS avait soi-disant inséré une clause dégageant l'Etat de toute responsabilité !!! 
En droit français il semble bien qu'il existe une loi spécifiant que toute personne ayant connaissance d'un délit doit en informer le Procureur de la République.....
Vendredi 5 octobre 2007

Filament, le test ADN imposé aux candidats au regroupement familial devrait être rebaptisé BEP, l’idée étant de décaler d’un cran chaque lettre du sigle. Ou de deux, pourquoi pas : CFQ.

Car il y a loin de la coupe aux lèvres

Résumons. Quelques sénateurs UMP ayant relu l’Esprit des Lois, le Nouveau Testament ou plus simplement croisé leur visage dans la glace, ont voulu stopper les élans de M Hortefeux. Foin donc du test liberticide. D’obligatoire pour tous, il ne s’appliquera plus qu’aux femmes. Initialement prescrit par l’administration, il nécessitera l’intervention d’un juge, au terme d’un débat contradictoire. Envisagé pour tous les étrangers, il sera finalement limité aux ressortissants des seuls pays dont l’état-civil est « douteux »…

Ce qui est formidable, dans cette affaire, est que le compromis péniblement trouvé (sous réserve que le sémillant M. Mariani ne revienne pas le perturber en commission mixte paritaire…) ne saisisse pas davantage les observateurs par sa consternante stupidité. D’un point de vue objectif, en effet, les tenants de la ligne dure ne peuvent reconnaître, dans le dispositif ainsi édulcoré, qu’une bien pâle copie de leur machinerie initiale, passée du glaçon au verre d’eau tiède ; de l’autre, tous ceux qui se désolent de l’image ainsi renvoyée par la nation des droits de l’Homme, notamment en Afrique, ne sont en rien rassurés, tant il est vrai que cette idée défie à la fois les valeurs et le bon sens, comme l’a d’emblée si clairement dénoncé Axel Kahn.

Voici donc un parfait résultat perdant-perdant. Le coût diplomatique de cette pantalonnade sera aussi élevé que si le projet Marini avait vu le jour en l’état.

Sur un registre moins scandaleux, c’est le même acharnement idéologique qui conduit aujourd’hui le gouvernement à vouloir absolument fusionner l’ANPE et l’UNEDIC, sans admettre évidemment que l’énergie considérable que va nécessiter la construction de cette usine à gaz et la gestion des conflits afférents, ne sera plus disponible pour la politique de l’emploi elle-même. Comme l’aurait dit Coluche, les bougies valent ici plus cher que le gâteau.

Il parait que le ridicule ne tue pas : heureusement, car sinon, le Ministère de l’Intérieur devrait rapidement organiser un grand nombre d’élections partielles.


Bétapolitique | 5 octobre 2007 | Josh Lyman

Vendredi 5 octobre 2007

"La cour d'appel d'Orléans a remis en liberté un Algérien de 35 ans, sans papiers, interpellé pour avoir traversé deux rues en dehors des passages pour piétons. Il se trouve sous le coup d'une mesure de reconduite à la frontière."

Si ce n'est pas de la chasse à l'homme,çà y ressemble fort!...

Vendredi 5 octobre 2007

Un vent de fronde balaye les tribunaux, qui acceptent mal la manière dont la ministre de la Justice, Rachida Dati, tente de renouveler les procureurs. En témoigne la résistance des juges de la cour d'appel d'Agen, qui protestent contre les pressions exercées sur le procureur général Bernard Blais, "invité" à accepter une mutation.

"Nous sommes inquiets et indignés", a déclaré le président de la cour d'appel, René Salomon, au cour d'une conférence de presse jeudi. Il a indiqué qu'il allait saisir le Conseil supérieur de la magistrature. Bernard Blais a reçu mercredi une demande écrite du ministère lui suggérant vivement de demander un poste d’avocat général à la Cour de Cassation, "dans l’intérêt du service".

La veille, la chancellerie l'avait prévenu oralement, raconte l'un de ses collègues à Agen. Une procédure normale pour la mutation des magistrats du parquet, dont la nomination intervient en conseil des ministres. Mais Bernard Blais, choqué, a décidé de décliner l'invitation qui lui a été faite alors qu'il est à quelques mois de la retraite.

A l’unanimité, les magistrats de la Cour d’appel d’Agen ont voté une motion pour protester contre ces pressions. "Rien ne laissait supposer quoi que ce soit, compte tenu du passé de Bernard Blais, de sa réputation irréprochable et de ses qualités humaines", raconte Christophe Straudo, magistrat du siège et secrétaire général de la Cour.

Signataire de la motion, Christophe Straudo en appelle à "l’indépendance et l’unité de la magistrature" et refuse de voir dans cette mutation "l’intérêt du service public", comme avancé par la chancellerie:

"Les magistrats du parquet sont certes soumis à la hiérarchie du fait de leur statut, mais, même s’ils sont chargés de mettre en oeuvre l’action publique en matière de poursuites, ils ont leur liberté de parole.

"On ne veut pas croire qu’il s’agit cette fois de les transformer en fonctionnaires et d’en faire de simples exécutants."

De son côté, le ministère de la Justice argue d’une volonté de féminiser et de rajeunir le parquet d’Agen. C’est par une magistrate que la chancellerie entendait remplacer Blais. Un argumentaire "habile" que réfutent les syndicats. Laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale des magistrats (USM) affirme que "d’autres procureurs" sont dans le même cas. Pour lui, cette féminisation n’est qu’un cache-sexe qui trahit en fait "une reprise en main totale des parquets":


La mutation brutale proposée à Bernard Blais marque-t-elle un tour de vis politique de la magistrature décidée en haut-lieu? Ou une nouvelle preuve du management anguleux de la ministère de la Justice? Depuis son arrivée place Vendôme, Rachida Dati a soulevé plusieurs vagues de contestation et suscité dans son entourage des démissions en série, à commencer par celle de son propre directeur de cabinet, Michel Dobkine.

Pour Laurent Bedouet, secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats, proposer la Cour de Cassation à Bernard Blais trahit à la fois un contrôle politique accru et une gestion malheureuse par la Chancellerie. Il parle de "caporalisation":


Comme d’autres syndicats et les pétitionnaires d'Agen, l’USM fait le lien entre l’histoire de Bernard Blais et la récente convocation au ministère du vice-procureur de Nancy. Fin août, Philippe Nativel avait été vertement invité au ministère, la presse locale lui ayant prêté des propos critiques sur les peines planchers.

Une fois n’est pas coutume, l’USM et le Syndicat de la magistrature(SM) ont signé jeudi un communiqué commun pour dénoncer d’une même voix "une tentative d’intimidation".



Craignons pour notre Démocratie, et restons vigilants sur la séparation des pouvoirs..

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