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Bienvenue sur le blog des comités locaux de Bonneuil, Choisy le Roi, Créteil, Nogent sur Marne et Saint Maur des Fossés !

Nous sommes, sur ces villes, les représentants de l'association Désirs d'Avenir qui s'engage, derrière Ségolène Royal, à promouvoir la démocratie participative et à favoriser l'engagement de tous ceux qui le souhaitent dans la Cité.

Aussi, si vous souhaitez être informés de nos actions, nous rejoindre, nous proposer des textes ou sujets de débats ou, tout simplement, vous adresser à nous, rien de plus simple : écrivez à desirsdaveniracreteil@hotmail.fr

Réflexions et contre-propositions

Vendredi 26 juin 2009 5 26 06 2009 23:09

La prochaine Université populaire participative


Les pesticides : quel impact
pour notre alimentation et notre santé


aura lieu :

le lundi 6 juillet de 20h30 à 22h30
au Théâtre Dejazet
41, boulevard du Temple - 75006 Paris


La projection du documentaire Nos enfants nous accuseront de Jean-Paul Jaud sera suivie d'un débat avec des spécialistes du sujet.

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La France est le troisième consommateur mondial de pesticides et le premier consommateur européen. A elle seule, elle absorbe un tiers des produits utilisés au sein de l'Union. On estime que la majorité de nos rivières et la moitié de nos nappes phréatiques sont aujourd’hui contaminées par des pesticides. La pollution de l’eau et des sols par les produits phytosanitaires fait l’objet d’une loi du silence.

Quand cela s'arrêtera-t-il ? Comment expliquer cette inertie ? Pourquoi le Conseil des ministres européens de l'Environnement ne s’empare-t-il pas du problème ?


Autant de questions auxquelles répondront nos intervenants :

Jean-Paul Jaud, réalisateur de documentaires

Dominique Belpomme, Professeur de cancérologie

Serge Morin, agriculteur, chargé de l'action " Terre saine, zéro pesticides" en  Poitou-Charentes

Paul François, agriculteur victime des pesticides

Biographie des intervenants


Biographie Jean-Paul Jaud

Pionnier de la télévision moderne, il a participé à l'aventure de la création de Canal+. Depuis deux ans, il se consacre à l'écriture cinématographique.

Après s'être voué au sport, Jean-Paul Jaud porte son attention vers l'écologie. Homme de télévision avant tout, il commence par réaliser Le Noël des bergers et Les quatre saisons du berger pour la télévision, en 1992. Suivent Quatre saisons entre Marennes et Oléron (1997), Football : du rêve à la réalité (1998), Quatre saisons pour un festin (1999), Les quatres saisons d'Yquem (2001). Sorti le 5 novembre dernier, 'Nos enfants nous accuseront' connaît un succès retentissant. Sans peur d'affronter une réalité dramatique, Jean-Paul Jaud s'attaque aux dangers de l'agriculture chimique. http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/


Biographie Dominique Belpomme

Dominique Belpomme est professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades. Président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, qu’il a fondé en 1984, il est internationalement connu pour ses travaux de recherche. Il a notamment beaucoup étudié les impacts de notre environnement sur l'apparition des cancers. Initiateur de l’Appel de Paris (2004) – déclaration internationale sur les dangers de la pollution chimique – et coordonateur du Mémorandum de l’Appel de Paris (2006) – qui détaille les solutions techniques pour lutter contre les effets toxiques des polluants, le Pr. Belpomme s’est fait connaître auprès du grand public pour ses prises de position fortes en faveur de la préservation de l’environnement et de la santé. Etant l’un des rares experts en santé environnementale auprès de différentes instances européennes, il a été désigné pour représenter la communauté scientifique, en janvier 2005 à Bruxelles, lors de la séance inaugurale du Parlement européen destinée à présenter aux parlementaires le projet de règlement REACH. On doit aussi à Dominique Belpomme la formulation du concept de santé durable, image en miroir du concept de développement durable et le concept de prévention environnementale qui lui est associé. Ces deux concepts ont été formulés et explicités dans le Mémorandum de l’Appel de Paris ainsi que dans plusieurs articles et livres grand public.

Mercredi 24 juin 2009 3 24 06 2009 11:47

Comment qualifier le phénomène auquel on assiste depuis des années sinon de "corruption", au sens d’une corrosion lente de notre esprit républicain ? Ce processus, qu’il faut analyser en détail, n’est d’ailleurs pas sans rapport avec le "déshonneur des élites" auquel j’avais fait allusion voici quelque temps. Il en est en réalité une nouvelle manifestation.


Jacques Chirac a incontestablement ouvert la voie. Je ne veux pas ici faire allusion aux innombrables affaires auxquelles l'ancien Président de la République a été mêlé, mais à la manière dont il a exercé sa fonction : la pratique institutionnelle étant devenue alors de pure convenance personnelle. Que l’on se souvienne :


- Une dissolution décidée en 1997 uniquement pour ne pas avoir à faire appel à la fraction de la majorité qui n’avait pas soutenu sa candidature…


- Le refus de tirer les conséquences des conditions de sa réélection obtenue pourtant à 80%, en restant concentré sur son camp, j’oserais dire sur son clan…


- Le maintien contre vents et marées, malgré les déconvenues électorales et au point de faire perdre le référendum sur le Traité constitutionnel, d’un Premier ministre déconsidéré, Jean-Pierre Raffarin, pour ne pas avoir à nommer Nicolas Sarkozy à la tête du Gouvernement…


- Et pour clore la séquence, l’annonce du maintien de la loi sur le CPE et, dans le même mouvement, celle de sa modification immédiate, cédant, au prix du ridicule, à la pression de son Premier ministre d’alors…


Jamais un chef de l’État n’aura autant donné l’impression de l’avoir été aussi peu.


Le processus amorcé depuis l’élection de Nicolas Sarkozy est de nature différente mais aboutit au même résultat. Son objectif n’est pas, contrairement à l’esprit de la Vème République, de rassembler les Français autour d’un projet, mais au contraire de diviser à l’extrême ses adversaires en jouant de leurs antagonismes, en profitant surtout de leurs faiblesses, au point de les priver de toute crédibilité. Et il y parvient au-delà du raisonnable.

(
Lire la suite)

Mercredi 17 juin 2009 3 17 06 2009 11:06
Vous trouverez ci-après un point de vue personnel de Martine de Nogent, nous racontant "son" Université participative du lundi 15 juin sur le thème de la crise :


Pour la forme
comme dans les discothèques :
- salle bondée,
- température tropicale,
- beaucoup n'ont pas pu rentrer..

Pour le fond
Jacques Attali : premier de la classe, discours sans note, convaincant, pédagogue, une pointe de catastrophisme saupoudrée de lendemains possiblement heureux, tout à la fois dénonciateur et force de proposition, sauf que...il n'est bien sur pas revenu sur le rapport qu'il a rendu à Sarkozy et sur ses dernières positions où il dit clairement qu'il espère que Sarko réformera les services publics (car il faut bien le dire les réformes actuelles sont pour beaucoup made in Attali)

Il a aussi dit à Ségolène qu'elle avait été l'espoir de la gauche et ...qu'elle le serait encore.
Il a souligné toujours et encore la domination du capitalisme anglo saxon que le G 20 n'avait en rien réussi à modifier.
J'ai retenu : faudra t-il augmenter les impôts ou vivre la récession ? (il s'est exprimé en premier car ensuite il est parti)

Philippe Aghion : il a été assez bref, brillant il a comme il fallait s'y attendre plus que cautionné le modèle scandinave, graphes à l'appui. Ce fut, de mon point de vue (au fond à gauche écrasée contre un géant) parfait !

Jean-Paul Fitoussi : j'ai un peu décroché, car son intervention était uniquement audio et je n'arrivais pas à me concentrer, désolée je ne peux rien en dire, je vais devoir ré-écouter.

Yann Algan : mon préféré - d'autant qu'entre temps j'avais récupéré une chaise :)
Ce jeune économiste a planché sur la notion de défiance dans l'entreprise mais aussi au sens large, défiance mais aussi donc confiance; lors de son intervention nous avons appris que les français sont des pros de la défiance mais ouf ! Il a aussi dit que ce n'était pas cette une "tare culturelle", on peut y échapper en mettant en place la confiance ; il considère la confiance comme capital de développement.
Yann Algan a travaillé sur des études statistiques réalisées depuis de très nombreuses années de manière simultanée dans les pays industrialisés. Ses recherches démontrent que la défiance généralisée, qui sévit en France, explique "dans une large mesure pourquoi la France a du mal se réformer et pourquoi la France a du mal à mettre en place un état-providence généreux"
Les données présentées hier sont effectivement très frappantes :
Ainsi "plus de 50% des Français pensent que pour arriver au sommet, il faut être corrompu". La France est située sur cette question dans le même groupe que la Russie !  Et comme il l'a souligné "le règne de Sarkozy et la bande du Fouquet’s n’arrange pas les choses"...

Je poursuis, quand 2 Scandinaves sur 3 pensent que l’on peut faire confiance aux autres, on ne trouve qu’un seul Français sur 5 pour penser la même chose !  Yann Algan démontre que cette société de la défiance généralisée a un coût économique et humain considérable pour le pays.
Il démontre aussi chiffres et graphes à l’appui que les pays les plus égalitaires en termes de redistribution sont aussi ceux où l’on se fait le plus confiance. Les dérégulations passées, ayant accru les inégalités, ont contribué à détruire le niveau de confiance. Il a expliqué que la transparence dans la vie économique et citoyenne contribue à élever le niveau de confiance ce qui rend par exemple les économies scandinaves très performantes.
Pour en finir avec cette société de la défiance qui nous plombe, Yann Algan a proposé de nombreuses pistes, comme une plus grande transparence, (j'ai aimé) une meilleure redistribution, des syndicats forts et eux aussi transparents mais surtout il a proposé des changements importants au niveau de l’éducation (j'ai adoré).

Je cite : "... Nous avons un système éducatif extrêmement castrateur, qui dès la petite enfance prépare non pas aux normes de sociabilisation, mais beaucoup plus à la connaissance pure. On a abouti à une école maternelle où l’on apprend l’alphabet et l’algèbre alors que les petits scandinaves apprennent les normes de sociabilisation, sans notes"...

Je passe sur 2, 3 intervenants, je n'ai pas pris de note en permanence, pour finir sur Jacques Barbier qui œuvre auprès de notre chère Présidente (toute la soirée, ils l'ont appelé Madame la Présidente, joli clin d'œil !) dans la région Poitou-Charentes.
Il a avec force, fait un puissant plaidoyer pour les actions multiples de Ségolène en faveur de la croissance verte (au sens large)et de son plan énergie solaire; il a expliqué son parcours, et décrit par le détail l'expérience d'agro carburant à base d'algues lancé dernièrement en Poitou-Charentes.
Son intervention était dense et riche (encore une fois ce n'est que mon appréciation)

Voici donc mon mini compte-rendu, en conclusion je dirai que : j'ai passé une excellente soirée.

Amitiés à tous

Martine
Mercredi 10 juin 2009 3 10 06 2009 23:49

Université populaire

"Quel nouveau modèle de développement économique et social pour l'après-crise ?"

aura lieu :

le lundi 15 juin 2009
de 18h30 à 21h30
à la Mairie du 4è arrondissement



La crise économique et sociale qui secoue le monde nous interpelle sur les fondements mêmes de l'économie de marché.
Comment en est-on arrivé là ? Les réponses apportées à la crise, au niveau international, en Europe et en France sont-elles à la hauteur du séisme qu’elle a provoqué ? Quel point d'appui donner aux salariés pour rebondir ? Comment changer nos politiques et nos institutions pour assurer une croissance harmonieuse, juste, et durable ? Quel nouveau modèle économique, social, et politique apparait le plus prometteur a la lumière de la crise ?

Voici les questions à laquelle répondront nos prestigieux invités :

Philippe Aghion, Professeur d’économie à l’Université Harvard
Yann Algan, Professeur d’économie à l’Institut d’études politiques de Paris, récent lauréat du Prix du jeune économiste.
Jacques Attali, conseiller d’Etat honoraire, écrivain, économiste, Président de PlaNet Finance
Jean-Paul Fitoussi, Président de l'OFCE
Gontran Lejeune, président du Centre des jeunes dirigeants

Edouard Martin, syndicaliste CFDT, ancien délégué syndical d’Arcelor Mittal à Gandrange


Programme de la soirée :

 
    * Ouverture par Ségolène Royal
    * Interventions de Philippe Aghion, Jacques Attali, Jean-Paul Fitoussi, Edouard Martin et Yann Algan
    * Animation : Aurélie Filippetti
    * Synthèse : Guillaume Garot
    * Conclusion : François Rebsamen


Biographie des intervenants :


Philippe Aghion : Né en 1956. Ancien élève de l'École normale supérieure, docteur d'économie à Harvard, Philippe Aghion a enseigné au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Oxford, et est aujourd'hui professeur d'économie à Harvard et à l'École d'Économie de Paris. Spécialisé en macroéconomie, Philippe Aghion a notamment travaillé sur  les concepts d'innovation et de croissance. Il est membre du Conseil d'Analyse Economique.


Jacques Attali :
Né en 1943. Major de promotion de l'école Polytechnique, docteur d'État en sciences économiques, ingénieur de l'École des mines de Paris, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et de l'École nationale d'administration. A partir de 1981, Jacques Attali est conseiller du président de la République François Mitterrand. En 1990, il devient le premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). En 1998, il fonde PlaNet Finance à Paris, une association à but non lucratif spécialisée sur la microfinance, qu'il préside encore actuellement.

Jean-Paul Fitoussi : Né en 1942. Professeur des Universités à l'Institut d'études politiques de Paris, JP Fitoussi est président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) depuis 1989, et Président du Conseil Scientifique de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. JP Fitoussi est membre du Conseil d'analyse économique. Ses principales contributions ont porté sur les théories de l'inflation, du chômage, des économies ouvertes, et sur le rôle des politiques macroéconomiques. Il est coordonnateur de la Commission sur la Mesure de la Performance Économique et du Progrès Social créée en 2008 et présidée par l'économiste et prix nobel américain Joseph Stiglitz.


Yann Algan : Né en 1974. Docteur et agrégé en économie, Y. Algan est professeur d'économie à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris et chercheur associé au Centre de Recherche en Economie de Sciences-Po. Spécialisé en macroéconomie, Y. Algan travaille notamment sur les problématiques de l'emploi, des inégalités sociales et de la confiance comme condition de réalisation de réformes justes et efficaces.


Edouard Martin : Délégué CFDT au comité européen du groupe ArcelorMittal, il a défendu dans le cadre des négociations avec le patronat du groupe MITTAL les intérêts des salariés de l'usine de Gandrange.

 

Lundi 1 juin 2009 1 01 06 2009 10:02

Mes amis, mes camarades,

Ce soir, je suis venu vous parler de l’Europe. C’est-à-dire de notre avenir.

La France souffre, les Français souffrent, cela crève les yeux.

Ici, le textile …

Face à cette souffrance, l’Europe est absente, ou presque.


Comment admettre la fermeture d’usines auxquelles on a donné tant de travail ? Comment admettre la fermeture d’usines qui font des produits de qualité ? Comment admettre la fermeture d’usines qui gagnent de l’argent ?


Nous savons bien que cela a toujours existé. Nous savons bien qu’il faut faire face plus que jamais à une concurrence qui évolue sans cesse.

Mais aujourd’hui le capitalisme financier, qui fait passer les valeurs financières avant les valeurs humaines, ce capitalisme-là est devenu fou, ce capitalisme-là il est responsable de la crise qui frappe le monde, ce capitalisme-là nous n’en voulons plus !


Voilà le sens du combat européen, voilà le sens du vote pour le Parlement européen le 7 juin prochain.


Allons–nous continuer avec l’Europe libérale, l’Europe des marchés, celle de Sarkozy et ses amis, ou allons–nous, avec une majorité socialiste, construire une autre Europe, une Europe plus forte, une Europe qui protège ?

Je sais bien que beaucoup de nos concitoyens n’y croient plus. Et c’est toute la difficulté de notre campagne. Parce que, c’est vrai, même quand les gouvernements de gauche étaient majoritaires en Europe, entre 1997 et 2002, nous n’avons pas su changer suffisamment le cours de l’Europe. C’est cela qu’il ne faut plus recommencer !


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Mercredi 20 mai 2009 3 20 05 2009 22:35

L’ensemble des experts qui se sont exprimés dans ce débat s’accordent, sous différents points de vue - social, économique, politique…- pour considérer que si le vieillissement de la population constitue une formidable avancée pour nos sociétés, ses conséquences presque mécaniques en matière de dépendance, font de la prise en charge d’un nombre croissant de personnes très âgées en perte d’autonomie un défi d’une ampleur inconnue jusqu’alors, qui ne peut que s’accentuer rapidement.

Un assez large consensus existe aussi, dans notre pays, pour saluer les progrès accomplis depuis une dizaine d’années, dont la création de l’APA, sous l’égide du gouvernement Jospin, a représenté le point d’orgue : en effet, que serait l’ampleur de nos problèmes actuels si ce texte n’existait pas, surtout à l’aune du système qui le précédait, la Prestation spécifique dépendance (PSD), beaucoup moins favorable et aujourd’hui tombée dans un légitime oubli !

De même, par la suite, deux dimensions organisationnelles sont venues heureusement donner corps à cette grande réforme.

D’abord, le rôle et la pertinence de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) sont largement acceptés par les différentes parties (conseils généraux, professionnels, usagers et organisations syndicales) qui participent à sa gouvernance. Il est clair que si le fameux « 5ème risque » voit le jour, la CNSA a vocation à en être le pivot.

Ensuite la loi créant l’APA a confié aux conseils généraux la gestion de la prestation. Depuis 2001, les départements ont fait globalement un travail efficace en mobilisant et en formant des équipes administratives et des équipes médico-sociales compétentes, en raccourcissant très sensiblement les délias de traitement des dossiers. Là encore, on peut légitimement s’interroger sur ce qu’aurait pu devenir le nouveau système sans cette implication pratique, au jour le jour.


Pourtant, chacun voit bien que les ambitions du législateur n’ont pas résisté aux tentations gestionnaires de la période et, ce qui me semble plus grave, à une pratique gouvernementale parfaitement antinomique avec un discours en apparence stable, dans la priorité affichée envers ces questions. On a beaucoup parlé des personnes âgées, aux personnes âgées, surtout pendant la dernière campagne présidentielle, mais très peu de ces reculs constants.

En effet, la gauche a créé l’APA en 2001 comme un premier pas, décisif, vers une 5ème branche. Ainsi, alors que la PSD renvoyait le financement de cette prestation à 100% aux seuls conseils généraux, l’APA, elle, était censée être financée à 50/50 par l’Etat et les conseils généraux.

Or, cette clé de partage a volé en éclats, puisque, dès 2007, l’APA était financée aux ¾ par les seuls départements, cette dérive majeure accentuant évidemment la fracture territoriale qui sépare départements "pauvres et vieux" des départements "jeunes et riches". Président le conseil général des Alpes de Haute Provence, j’ai pu concrètement en mesurer les effets pour une petite collectivité essentiellement rurale. Cette évolution tourne donc clairement le dos à la solidarité nationale, qui est la seule échelle pertinente pour assumer une telle politique : qui peut considérer comme normal que les jeunes des Alpes de Haute Provence "paient" seuls pour les anciens sur ce territoire, à l’intérieur duquel se trouverait confinée une redistribution entre générations, dès lors illusoire ?


Outre ce recul fondamental, l’APA, malgré son apport essentiel, se révèle encore trop limitée pour permettre de rendre le maintien à domicile totalement effectif pour tous, qui correspond, très naturellement, à une attente croissante.

Comme le nombre de personnes âgées dépendantes va inéluctablement augmenter d’environ 1 à 2% par an dans les prochaines années, il va bien falloir mieux prendre en compte les nouveaux besoins, à domicile pour permettre d’augmenter le volume d’aide, mais aussi en EPHAD pour contribuer à diminuer un "reste à charge" de plus en plus difficile à supporter par les intéressés et leurs familles.

La dignité commande de ne pas négliger non plus la question du "pécule", souvent très modeste, laissé aux résidents, du fait même des charges de structure et d‘hébergement qui obèrent les coûts des établissements. Combien de couples quinquagénaires actifs ont aujourd’hui les plus vives difficultés à assumer les prise en charge de parents très âgées, tout en continuant de soutenir leurs enfants en butte à des problèmes d’emploi !

Dans ces conditions, les solutions à apporter relèvent certes d’une volonté bien plus nette du politique, pour déjà remédier aux dérives enregistrées depuis 2002, mais surtout afin de mettre en place un dispositif "soutenable".


Le cynisme consistant à renvoyer chacun à son propre effort d’assurance ne peut faire illusion. Comme plusieurs intervenants le relèvent avec justesse, la solidarité nationale doit être le socle de cette politique, pas un simple adjuvant. Il y aurait d’ailleurs un grand paradoxe à défendre le principe d’une protection sociale collective et à en dénier parallèlement les vertus pour ce 5ème risque, dont la "numérotation" ne doit pas nous faire oublier qu’il est certes le dernier en date de nos grands systèmes sociaux, mais pas le moindre en importance.  Il est vrai que les mêmes qui voudraient renvoyer à la seule assurance individuelle la prise en charge du vieillissement, ont pour la sécurité sociale un attachement probablement de pure façade…

En toute logique, les conditions de financement du 5ème risque doivent être considérées dans le cadre plus large des enjeux économiques de la protection sociale. Le véritable délabrement des comptes sociaux, amorcé depuis 5 ans et évidement aggravé par la crise, à défaut d’en être une simple résultante, nous rappelle qu’en la matière, tout se tient.

Pourtant, si l’on considère le sujet de la dépendance d’un point de vue intrinsèque, les surcoûts à prendre en compte demeurent, toutes choses égales par ailleurs, relativement limités.

Comme, précisément, la sortie de crise va être douloureuse et lente, le risque est donc grand de devoir attendre un hypothétique redressement des finances sociales, pour que les choses changent. Il me semble clair que la tactique de la fuite en avant tient lieu, désormais, de stratégie au gouvernement : quand il sera "trop tard", l’appel à la responsabilité individuelle des assurés et la remise au jour des vieux outils de l’aide sociale pour les plus modestes (récupération sur succession notamment), tiendront lieu de viatique : ce sera, en somme, à prendre ou à laisser.


Dans ces conditions, augmenter les moyens disponibles par un recours spécifique à la CSG me paraît la moins mauvaise des formules. Une augmentation modeste dégagerait des marges non négligeables, dans le cadre d’un prélèvement socialement plus juste que les autres et surtout avec un ciblage clair. Rien n’empêcherait d’ailleurs de procéder par étapes, sur la durée, sans s’interdire au fil du temps des redéploiements avec des dépendances rendues moins nécessaires, par exemple en matière de prise en charges classiques par l’assurance-maladie.

Qu’ensuite, des systèmes conventionnels, y compris à travers des accords de branche ou d’entreprise, se développent parmi les salariés sur une logique de complémentarité, au même type que la prévoyance pour faire face à ce "risque", sera tout à fait bienvenu. Cela peut même constituer un nouveau terrain de dialogue social, se situant  à une sorte d’intersection naturelle entre la santé et la retraite.

Dans ce cadre, la CNSA pourrait naturellement se voir adosser le pilotage de la nouvelle  branche et garantir un traitement équitable de tous sur tout le territoires, tandis que les  conseils généraux, gestionnaires de proximité, pourraient alors exercer leurs missions sur des bases durablement saines.


Toutes ces pistes concrètes, avaient été développées et détaillées par Ségolène ROYAL lors des élections présidentielles : elles demeurent plus que jamais pertinentes et urgentes.

Si l’on mesure l’état d’une société à la manière dont elle traite ses anciens, on ne peut, sans nier les progrès réalisés, considérer le bilan de la France comme véritablement à la hauteur d’une grande Nation. Je ne sais si ce grand sujet sera un thème de la future campagne présidentielle de 2012, mais j’ai la conviction que nous ne pouvons plus encore attendre trois ans pour que l’Etat fasse son devoir. J’ajouterai que les Français seraient bien inspirés de demeurer vigilants sur ces questions, qui ne figurent pas de manière très nette, à ce jour, dans les grandes revendications sociales, de sorte que la pression mise sur les pouvoirs publics pour les prendre à bras le corps demeure très diffuse. Or, mettre en œuvre véritablement ce 5ème risque suppose que tous les acteurs se mobilisent, partenaires sociaux, élus nationaux et locaux, mais aussi acteurs économiques, car ce secteur est riche en perspectives de développement et d’emplois non délocalisables.

C’est un combat que nous devons mener avec force et dans lequel je m’engage personnellement.

Vendredi 17 avril 2009 5 17 04 2009 20:02

Ajujourd'hui, j'ai eu à me rendre au commissariat de police de ma ville.

J'ai été reçu par un Officier de Police judiciaire dont évidemment je tairais le nom, c'est la moindre des choses. Je précise en plus que l'accueil a été   tout à fait agréable et sympathique alors que je n'étais qu'un simple citoyen déposant une plainte.
En sortant du bureau alors que j'enfilais mon vétement j'ai pu examiner tout à loisir, affiché sur le coté d'une armoire, bien visible à quiconque entre dans le bureau , une affichette avec un dessin humoristique et dessous le texte :
                                                           "LES OFFICIERS DE POLICE EN COLÉRE"

Je ne vous citerai pas le commentaire de ce policier voyant mon étonnement, mais il était plutôt significatif  sur certaines conditions de travail.

Le webmaster

Ne classons pas trop vite tous les policiers dans le même sac. C'est rassurant.....  

Samedi 4 avril 2009 6 04 04 2009 20:09

Voici quelques extraits de l'interview de Ségolène Royal dans le Journal du Dimanche des 4 et 5 avril.

La plus rouge des socialistes dénonce les "violences faites aux salariés, invités à disparaître en silence". Et ne s'étonne pas de voir les patrons subir leur colère. François-Henri Pinault chahuté dans son taxi, des cadres de Caterpillar retenus par leurs employés, le voyage présidentiel à Châtellerault tournant à l'affrontement entre manifestants et policiers ? Ségolène Royal explique qu'on a raison de se révolter. De toutes les figures de la gauche de gouvernement, elle est la seule à frôler à ce point la ligne révolutionnaire. Elle que ses ennemis taxaient de crypto-centrisme est, en réalité, la plus rouge des socialistes : une femme en colère qui s'adresse à un pays en colère. Cette semaine, elle sera au Sénégal, pour affirmer son engagement pour les échanges Nord-Sud. Ségolène, admiratrice avouée des régulations scandinaves, qui cherche des solutions pour les salariés d'Heuliez et leur voiture électrique, sait aussi tenir le discours de la brûlure tiers-mondiste.

JDD : Quand vous avez vu des cadres de Caterpillar être retenus, vous avez eu de la sympathie pour eux ?

SR : Ce n'est pas agréable d'être retenu, et c'est illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement. Mais on ne les a ni brutalisés ni humiliés. Ceux qui sont fragilisés, piétinés et méprisés, ce sont les salariés à qui l'on ment, avant de les mettre à la porte. A Caterpillar, ils ont appris leur arrêt de mort sociale en lisant la presse ; et on s'étonnerait de leur réaction ? Etonnons-nous plutôt de l'état du dialogue social dans notre pays !


JDD : Mais un meilleur dialogue social n'empêcherait pas la crise ?

SR : Le dialogue social est un facteur de réussite, y compris dans une crise. Dans les entreprises en difficulté, les employés sont les premiers concernés et souvent les plus lucides sur la situation et les solutions. A chaque crise, on apprend que les syndicats ont tiré la sonnette d'alarme à l'avance en vain. Si on les écoutait, si on anticipait les difficultés, on diminuerait le malheur... La question centrale est celle du mépris. Mépris pour des gens que l'on n'écoute pas, et que l'on bafoue, qu'on laisse suspendus dans l'incertitude, victimes de décisions prises hors d'eux, et qu'on aurait pu éviter.


JDD : Ce "mépris social", c'est un mal français ?

SR : Oui, mais il n'y a pas de fatalité. Aujourd'hui, je constate ce que fait le gouvernement, ou ce qu'il ne fait pas. Les pouvoirs publics sont trop souvent sourds et aveugles, hermétiques à ce que disent les salariés. Ni à Gandrange ni chez Heuliez, l'Etat n'a accepté de prendre en compte les solutions des syndicats... Les gens en pleurent...


JDD : Et ces pleurs nourrissent la violence ?

SR : Je ne suis ni une Cassandre ni Olivier Besancenot, je ne prédis ni ne souhaite une insurrection sociale. Mais je vois des révoltes, dans des entreprises, dans ces magasins où les gens se servent sans payer. Le point commun, c'est l'exigence de respect, exigence exacerbée après les révélations sur les abus de certains dirigeants... Il y a une délinquance de certains hyperprivilégiés; une manière de piller les ressources de sociétés qui licencient. Nous subissons un désordre inique ; il y a une anarchie profonde du système...


JDD : Mais ça ne date pas d'aujourd'hui ?

SR : Oui, mais les injustices sont devenues encore plus insupportables. Parmi ceux qui ont été à l'origine de la crise, beaucoup sont aujourd'hui à l'abri. Pour beaucoup d'autres au contraire, la vie bascule, les salariés perdent leur emploi et n'en retrouvent pas, le chômage des jeunes et des seniors explose, des milliers de familles ne parviennent plus à payer leur loyer ou rembourser leur emprunt. Et comme le pouvoir ne met pas d'ordre dans ce désordre, tout est exacerbé...


JDD : Le gouvernement a pris un décret contre les stock-options, et il veut imposer des règles sur le partage du profit...

SR : Les trois tiers ? Où sont les textes de loi ? Pourquoi attendre encore pour légiférer ? Pour attiser les passions ? Pour gagner du temps ? Je crois que le Président commence à admettre qu'il va devoir porter le fer contre les privilèges de son clan, celui du Fouquet's... Ceux à qui il évite la pression fiscale ; ceux pour lesquels il n'a pas changé réellement les règles des bonus, des stock-options. Ça ne tiendra pas éternellement.


JDD : Mais il s'en prend aux patrons, il dénonce certains comportements ?

SR : De manière malsaine ! On a besoin de règles, pas d'une chasse à l'homme. Il faut réglementer pour empêcher les abus. Le Président ne le fait que marginalement. En revanche, il crée de nouvelles polémiques, il alimente une détestation générale des entrepreneurs. Or, on a besoin des entrepreneurs, de tous les entrepreneurs: le préjugé des petits contre les gros est stupide. Mais les entreprises doivent être cadrées, puisque les gens ne sont pas spontanément raisonnables. Vous connaissez la théorie du Medef selon laquelle la seule transparence suffira à créer des comportements vertueux ? C'est le contraire: la transparence des rémunérations a provoqué une hausse des salaires patronaux, chacun voulant se payer autant que le voisin.


JDD : C'est l'avidité ? La perte du sens moral ?

SR : Pourquoi qualifier un comportement que tout le monde peut juger ? Est-ce normal ? Non. Cela nuit-il à l'économie ? Oui. Peut-on faire avancer une société avec de tels comportements ? Non. Donc il faut agir. Mais il y a une mollesse du pouvoir, dès qu'il s'agit d'action...


JDD : La gauche, en son temps, n'a guère réformé le capitalisme !

SR : Sans doute. Mais les tensions sociales n'étaient pas les mêmes. Et la gauche n'avait pas affaibli les services publics, tout ce qui cimente notre société et lui donne sa force de cohésion... Evidemment, si nous avions été tout le temps à la hauteur, il y aurait moins besoin de réformes aujourd'hui. Moi-même, lorsque j'étais ministre, j'ai échoué à imposer au gouvernement auquel j'appartenais une loi interdisant le crédit revolving, ce piège absolu du surendettement. Mais regretter le passé ne sert à rien. C'est maintenant que la crise fracture la société.


JDD : Mais le passé nourrit la méfiance populaire envers les gouvernants...

SR : La confiance, elle, pâtit des abus, et des mensonges d'une campagne présidentielle sur le pouvoir d'achat, qui a donné une présidence au service des plus riches. Le pouvoir crée des tensions et des régressions, il est sourd et aveugle, et de plus en plus isolé. Je l'avais dit lors de la campagne, nous le constatons tous aujourd'hui. Le Président ne se déplace plus en province que protégé par des centaines de policiers et de gendarmes ! Si on veut rétablir la confiance, il faut prendre en compte les aspirations du peuple : que tout le monde contribue dans la difficulté ; que la politique ne soit pas faite pour une poignée de privilégiés...

JDD : C'est - encore une fois - une situation révolutionnaire ? Ou le retour de la lutte des classes ?

SR : Quand on entend des élus de droite expliquer benoîtement que le bouclier fiscal protège les pauvres, on se croirait sous l'Ancien Régime ! Alors, est-ce le retour de la lutte des classes ? Peut-être. Ce que je sais, c'est que les luttes sociales existent plus que jamais. Longtemps, on a souffert en France de la faiblesse syndicale. La crise, la baisse du niveau de vie, l'injustice provoquent une prise de conscience et une réaction...


JDD : Vous avez peur de nouvelles violences ?

SR : J'ai peur que mon pays décline. Sans justice, nous n'aurons pas de paix sociale, ni de progrès... Vous savez, personne n'a envie d'aller au conflit violent ; les Guadeloupéens du LKP auraient préféré avoir gain de cause tout de suite.


JDD : Selon vous, on est forcé de se révolter ?

SR : Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue : ce discours dominant qui demande aux salariés de subir, et de disparaître en se taisant, d'être licenciés sans faire d'histoire ni de bruit... Je pense le contraire : depuis qu'ils sont médiatisés, les salariés d'Heuliez progressent, on ne peut plus les dénigrer. Ce qu'on appelle la révolte, c'est une réaction contre la violence qui s'exerce contre les salariés et contre le pays.

Propos recueillis par Claude ASKOLOVITCH

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