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Mardi 24 avril 2007

L'électorat du très courtisé François Bayrou se reportera davantage sur Ségolène Royal que sur Nicolas Sarkozy au second tour, si l'on en croit une nouvelle enquête Ipsos/Dell pour SFR et Le Point, publiée mardi. Reste à savoir si François Bayrou, lui-même, penchera pour l'un ou l'autre.

38% des électeurs de François Bayrou voteront pour la candidate socialiste, 35% choisiront le président de l'UMP au second tour, 27% s'abstiendront, selon une enquête Ipsos publiée mardi. A l'extrême droite, 79% des électeurs de Jean-Marie Le Pen se reporteront sur Nicolas Sarkozy contre 9% qui choisiront Ségolène Royal et 12% qui ne s'exprimeront pas ou qui s'abstiendront, selon cette étude qui comporte une marge d'incertitude de trois points.

Plus généralement, 54% des personnes certaines d'aller voter qui expriment une intention de vote se rangent derrière Nicolas Sarkozy au second tour, contre 46% qui choisissent Ségolène Royal. 15% des sondés qui se disent certains d'aller voter n'ont pas exprimé d'intention de vote.

 

Etienne Guffroy (avec Reuters) - mardi 24 avril 2007 07h51 - europe 1

Dimanche 25 mars 2007

Le programme de l’Udf se propose de refonder " notre modèle social ". Il aborde la réforme de l’Etat et des institutions avant de traiter les questions économiques et sociales.


Réduction du nombre de fonctionnaires

La réforme de l’Etat est introduite en considérant que la dette publique est une " charge insupportable " qui " handicape l’ensemble de l’économie française ". Son estimation est plus que doublée car pour faire bon poids, le programme y intègre les engagements de l’Etat sur les retraites des fonctionnaires des prochaines années. La conclusion est sans appel : " sa réduction est donc un impératif moral " ! Par conséquent, le déficit ne doit pas résulter des charges de " fonctionnement ", il faut " améliorer les performances de l’administration " tout en opérant un " redéploiement " et en favorisant la mobilité entre administrations pour réduire les postes et " limiter le remplacement des personnels partant à la retraite ". De Bayrou à Le Pen en passant par Sarkozy, les dépenses publiques doivent être " maîtrisées " !

Un régime présidentiel
La " VI° République " que propose l’Udf n’est certainement pas sociale... ni démocratique : il s’agit d’une V° République qui aura un caractère présidentiel affirmé et désormais sans ambiguïté. " Le Premier ministre, à la tête d’un Conseil réduit à une vingtaine de ministres, aura un rôle essentiel de coordination : ses pouvoirs propres seront donc sensiblement réduits. Quant au gouvernement, sa mission est de mettre en œuvre les choix présidentiels ". Si le président de la République se trouve désavoué, il sera procédé à une nouvelle élection présidentielle.

La fable des données économiques
La mondialisation financière présente " des avantages et des inconvénients ". Mais " c’est une donnée " (économique). Ce ne serait donc pas un choix politique : " il faut s’y préparer ". D’ailleurs, " le temps
de l’Etat-providence et du syndicalisme de classe est révolu " : vous allez souffrir et vous ne pourrez pas vous défendre.

Vous pourrez humer le fumet mais vous ne pourrez plus goûter le roti
Si vous pouviez vous appuyer sur le Code du travail parce qu’il " est aujourd’hui un code de procédures (inutilement complexe) " donc " inutilement " détaillé et contraignant, ça ne va pas durer. En effet, il faut le transformer en un " code de principes " (toujours le refuge dans les généralités, moins exigeantes) puisque " chacun convient " (surtout Laurence Parisot) " qu’un assouplissement est souhaitable pour revenir à l’esprit plus qu’aux formes ".

La loi reculera :
Elle ne définira que " les principes communs à un contrat de travail universel à durée indéterminée et à droits progressifs " (toujours les principes).

Cette démarche de remettre au contrat ce que la loi abandonne sera généralisée. Elle sera mise en œuvre pour réduire le droit de grève dans les transports.

La question du temps de travail sera remise en négociation puisque " nous payons lourdement (...) la réduction du temps de travail et un départ en retraite précoce ". " La quantité de travail fournie dans notre pays est insuffisante ", c’est pourquoi les 35 heures seront assouplies et le recours aux heures supplémentaires rendu plus avantageux pour le patron : elles seront exonérées de toute cotisation sociale.

La part des salaires sera réduite
Le programme de l’Udf prévoit de transférer " une part des cotisations sociales pesant sur la masse salariale " vers l’impôt : création d’une Tva sociale ou augmentation de la Csg. Ce que paye l’entreprise, sous forme de salaire indirect, sera payé par les salariés qui consomment tout leur revenu ou par les contribuables.

Mais ça ne suffit pas : le Smic ne doit pas subir une " augmentation brutale " et la " demi-réforme des retraites " sera complétée par la " mise en œuvre d’une retraite par points " (voir ci-contre).

Ainsi, dans le partage de la valeur ajoutée, la part des salaires diminuera. Ce qui est la signature d’une politique de droite.

Dans ses lignes essentielles, le programme de l’Udf est l’antithèse d’un bon programme de gauche.

samedi 24 mars 2007 par Pierre Ruscassie - Démocratie et Socialisme

Vendredi 23 mars 2007
Vendredi 23 mars 2007

Ils livrent 48 pages d'arguments contre le candidat centriste, dénonçant "le programme commun ultra-libéral de Bayrou et de Sarkozy".

 

Jean-Luc Mélenchon (Reuters)

 

Jean-Luc Mélenchon (Reuters)

 

Le groupe "riposte" des sénateurs socialistes, animé par Jean-Luc Mélenchon, a adressé jeudi 22 mars 48 pages d'argumentaire anti-Bayrou aux parlementaires et fédérations du PS.

La "ligne et l'identité fluctuantes" du candidat de l'UDF à l'élection présidentielle sont disséquées, citations, programme et votes du parti centriste au Parlement à l'appui, dans ce document transmis jeudi à la presse.

Après avoir examiné point par point les propositions de Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et François Bayrou sur l'emploi, les salaires et la fiscalité, les rédacteurs dénoncent "le programme commun ultra-libéral de Bayrou et de Sarkozy".

Sur l'emploi et les salaires, "Bayrou est d'accord avec Sarkozy pour précariser, Ségolène Royal veut stopper la précarité et améliorer la situation des salariés", tandis que sur la fiscalité "Bayrou est d'accord avec Sarkozy aux côtés des plus riches, Ségolène Royal veut la justice fiscale", expliquent-ils.

"Au moment de répartir les richesses, Bayrou est toujours d'accord avec Sarkozy et jamais avec Ségolène Royal", ajoutent-ils.

Libéralisation

Les auteurs soulignent notamment que l'UDF a voté pour la libéralisation des services postaux, des télécommunications et du secteur de l'énergie, l'ouverture du capital de EDF et GDF et la privatisation d'Air France, alors que le PS et la gauche ont à chaque fois voté contre.

Citant 14 textes de lois examinés pendant la législature, ils soulignent "qu'en matière de sécurité, le groupe UDF a voté systématiquement pour ou s'est exceptionnellement abstenu. En clair, il a avalisé les principales lois qui constituent le socle de la politique sécuritaire et répressive du ministre de l'Intérieur" et candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy.

Le document, qui examine la position de l'UDF et de son candidat sur l'emploi, les institutions, les finances publiques, le logement, l'environnement, la laïcité, la sécurité, l'immigration et les services publics, n'est pas achevé.

Ses auteurs promettent ainsi de le compléter avec l'Europe, les retraites, le contrat de travail, les femmes, et les ouvrages de François Bayrou et de Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement de Dominique de Villepin.

(AP in nouvelobs)

Mercredi 21 mars 2007
 François Hollande qualifie de "mystification" la stratégie électorale de François Bayrou qu'il compare avec celle qui a conduit Jacques Chirac à l'Elysée en 1995.

François Bayrou a dit voir des "ressemblances" entre ces deux stratégies dans un entretien publié par Le Parisien/Aujourd'hui en France mercredi.

"Si véritablement, la rénovation de la vie politique c'est de revenir à ce qu'a été la mystification de Jacques Chirac en 1995, dans une certaine mesure, François Bayrou nous a fait un aveu", a déclaré le Premier secrétaire du Parti socialiste sur Europe 1.

"Ce qu'il veut faire, c'est le coup de Jacques Chirac, qui en 1995, faisait croire qu'il n'était pas de droite, qu'il y avait même un candidat plus à droite que lui qui s'appelait Edouard Balladur", a ajouté François Hollande.

"François Bayou en a tiré la leçon qu'il fallait faire comme Jacques Chirac en 1995 : faire croire qu'il n'était pas de droite, surgir, et puis écarter la gauche et pouvoir gouverner le pays avec un parti qui ne serait plus l'UMP mais serait l'UDF", a-t-il dit. "Une mystification vient d'apparaître."

Le compagnon de Ségolène Royal a également critiqué les projets de "grands ministères" des deux rivaux de la candidate socialiste en évoquant "une mode qui les touche tous à droite".

Nicolas Sarkozy veut créer un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale tandis que François Bayrou a un projet de grand ministère "sociétal".

"François Bayrou n' qu'une variante de la droite et il y une part de mystification. Je suis là pour que notre pays et ne soit pas victime d'un nouveau malentendu", a-t-il dit.

lexpress.fr - mercredi 21 mars 2007, mis à jour à 09:18

Samedi 17 mars 2007
Maître de conférence à l'IEP de Paris (Science-Po), Robert Richard a écrit un ouvrage sur le positionnement et la stratégie du candidat dit du centre, l'ancien ministre de l'éducation nationale du gouvernement Balladur, François Bayrou.

 
Entretien avec Richard Robert
envoyé par PartiSocialiste

Samedi 17 mars 2007
François Bayrou vient coup sur coup de déclarer qu’il n’avait jamais entendu supprimer le contrat « nouvelles embauches » et qu’il était favorable à un « CDI avec une période d’essai suffisante pour permettre de la souplesse ».
Ces propositions sur le contrat de travail sont exactement les mêmes que celles formulées récemment par Nicolas Sarkozy.
Le Parti socialiste rappelle que, contrairement à ce que prétend Monsieur Bayrou, le contrat « nouvelles embauches » est exactement le même dispositif que le contrat « première embauche » quant à la situation des salariés concernés. Dans les deux cas, le salarié peut être congédié à tout moment pendant deux ans sans motif, sans préavis, sans indemnité.
Le Parti socialiste rappelle également aux deux candidats de droite que le droit du travail permet déjà aux employeurs d’imposer jusqu’à deux mois de période d’essai aux salariés, et jusqu’à six mois aux cadres. Ces durées sont largement suffisantes pour l’évaluation par les employeurs des capacités professionnelles de leurs salariés.
La proposition des deux candidats de droite d’un contrat de travail avec période d’essai plus longue reviendrait à instituer l’équivalent d’un CPE pour tous les salariés. Un tel recul serait synonyme de précarité accrue pour les salariés, sans aucun effet bénéfique sur l’emploi, comme en témoignent plusieurs enquêtes du ministère du travail lui-même.
A l’opposé du projet de Nicolas Sarkozy d’instituer un contrat de travail unique sur le modèle du CNE, Ségolène Royal s’engage à abroger ce dispositif inefficace et néfaste, et à faire du CDI et de l’emploi stable le droit commun du travail.
Communiqué d’Alain VIDALIES,
Secrétaire national aux Entreprises
Vendredi 16 mars 2007

Il veut faire de la France un pays "pro-entreprise" et promouvoir une nouvelle "société de la création" avec "des femmes et des hommes qui ne se résignent pas". Avec son projet de "social-économie", François Bayrou s'est livré à un exercice de séduction devant un peu plus de deux cents patrons réunis, jeudi 15 mars, au siège de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). Ceux-là mêmes qui, le 24 janvier, avaient réservé une ovation à Nicolas Sarkozy.



Le candidat de l'UDF, en revanche, n'a pas convaincu les économistes de COE-Rexecode. Dans une étude mise en ligne dans l'après-midi, l'institut de conjoncture proche des milieux patronaux le range dans le même camp que Ségolène Royal, estimant que ses propositions sur le travail détruiront de l'emploi et entameront la croissance.

La matinée de M. Bayrou avait pourtant bien commencé : d'emblée, Jean-François Roubaud, le président de la CGPME, en avait donné le ton, en qualifiant "d'excellente idée" l'exonération de charges de deux emplois créés pour toute entreprise. Le candidat s'était surtout taillé un franc succès avec son "small business act" à la française, un ensemble de mesures d'aide aux petites entreprises pour les "soulager radicalement des contraintes administratives" et leur permettre d'accéder aux "marchés publics".

A la CGPME, qui a toujours été courtisée par le RPR puis par l'UMP - quand ce n'était pas par le FN -, on aime les dirigeants politiques qui parlent de limiter la dette publique et les prélèvements obligatoires, de réduire le train de vie de l'Etat et le nombre de fonctionnaires "là où ils ne sont pas utiles". Très applaudi quand il a proposé de fusionner les régions et les départements, le candidat a rejoint aussi les demandes des patrons en affirmant qu'il ne supprimera pas le contrat de nouvelle embauche (CNE) avant que ses effets ne soient évalués. Ou en évoquant la transformation de l'ISF en un "impôt sur le patrimoine (...) à taux faible", dont resteraient exclus l'outil de travail et les oeuvres d'art.

Mais si le candidat centriste a réussi son examen de passage auprès des petits patrons, il a été "étrillé" par COE-Rexecode. Que conclut en effet l'étude réalisée sous la direction de Michel Didier ? Que seul le volet travail du programme de Nicolas Sarkozy (UMP) est créateur d'emplois (+ 160 000 à + 200 000) et de croissance (+1,1% à + 1,3 %) alors que ceux de Ségolène Royal et de François Bayrou détruisent de l'emploi (80 000 pour la socialiste, 60 000 à 80 000 pour le centriste) et font reculer la croissance (d'un demi-point pour Mme Royal, de 0,2 à 0,5 % pour M. Bayrou).

S'agissant du candidat de l'UDF, l'étude montre que la hausse de la rémunération des heures supplémentaires de 35 % conjuguée à la baisse des cotisations sociales patronale aurait pour effet d'augmenter de 12 % la rémunération horaire nette perçue par les salariés et de diminuer de 17 % le coût de ces heures supplémentaires pour les entreprises. Cela permettrait de créer de 75 000 à 85 000 emplois et d'accroître la croissance de 0,5 %.

De même, la suppression des charges sociales sur deux emplois supplémentaires, qui risque toutefois, de "provoquer un fort effet d'aubaine", entraînerait dans le meilleur des cas 90 000 créations d'emplois. Autant d'effets positifs qu'annule la concentration progressive des allégements de charges sur les PME en dessous de 1,3 smic : elle détruirait 200 000 à 250 000 emplois, et au total, l'ensemble des trois mesures Bayrou aurait un effet négatif.

Intéressante car elle met en lumière les effets contradictoires des mesures proposées, l'étude de COE-Rexecode aurait, toutefois, plus de force, si l'institut, dans son chiffrage du programme de M. Sarkozy, n'avait pas omis de tenir compte de la baisse de 4 points de prélèvements obligatoires préconisée par le candidat UMP. Une omission fâcheuse, qui donne l'impression que Coe-Rexecode a choisi de voter, Sarkozy.

Michel Delberghe et Claire Guélaud - LE MONDE | 16.03.07 | 15h23 • Mis à jour le 16.03.07 | 15h23

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