Par Koffi Ghyamphy, secrétaire national du MRC et ancien porte-parole de Ségolène Royal en Indre-et-Loire. S'il vous plaît, Mme Royal, n'oubliez pas que la
démocratie participative est un principe d'action, pas une vaine promesse ! Restez debout !
Chère Ségolène Royal,
J'avoue ne pas bien comprendre votre circonspection sur l'attitude qu'il faut tenir face au nouveau traité européen.
Vous aviez dans le cadre de votre campagne présidentielle placé le citoyen au centre de votre projet politique et estimez haut et fort qu'en maints domaines de sa vie, il demeurait un expert sûr
des solutions à apportez au pays.
C'était ce que vous appeliez la démocratie participative, avec pour corollaire les jurys populaires pour contrôler les politiques publiques, et les réajuster si nécessaire au plus prêt de ceux
qui sont censés les connaître. Vous aviez même proposez d'inviter des citoyens à assister au Conseil des ministres afin qu'ils réalisent la lourde tâche qu'est la direction d'une Nation.
Or, sur la question européenne, sujet ô combien important, qui façonne la vie de tout un chacun, vous semblez faire machine arrière et estimez que dans ce domaine le citoyen n'aurait plus son mot
à dire dans la mesure où, paradoxalement, vous vous prononcez pour le « laisser faire » de la ratification parlementaire du nouveau traité européen dit de Lisbonne.
Le référendum, grand moment de démocratie participative
Un homme ou une femme politique responsable doit la vérité à ses compatriotes et comme vous le savez le nouveau traité européen n'est que la reprise déguisée de la défunte « constitution »
européenne.
Je vous renvoie à l'analyse qu'en a fait le conseil Constitutionnel, saisi par le Président de la République. Dans son avis, il est clairement établi que le Traité de Lisbonne ne change rien
quant au fond du traité constitutionnel européen de 2005, et qu'il a juste été procédé à une renumérotation des articles de l'ancien texte européen.
Or, il ne vous pas échappé que le traité constitutionnel européen a été rejeté souverainement par les peuples français et hollandais, dans le cadre d'un référendum en 2005. Procéder à nouveau à
sa ratification par voie parlementaire ne peut être assimilé qu'à un déni de démocratie, ou à un coup d'état. Il n'y a pas d'autre analyse possible de ce qui pourrait être commis si on n'y
prenait garde.
S'il existe un grand moment de démocratie participative dans un pays, c'est le référendum (faire participer les citoyens aux décisions qui les concernent). Jusqu'à présent il n'a rien été inventé
de mieux pour interroger directement un citoyen sur une question politique. J'attendais donc de vous, partisane de la démocratie participative à l'échelon local comme à l'échelon national, que
vous mainteniez votre parole sur la tenue d'un référendum pour tout nouveau traité européen.
Par ailleurs, il y a fort à parier que dans les 17 millions de voix qui se sont portées sur votre nom au second tour de l'élection présidentielle, on pourrait retrouver une bonne part des 15
millions de voix qui ont rejeté le traité constitutionnel européen.
Gare au rétablissement d'une démocratie censitaire !
Est-il judicieux, alors que vous avez le projet de demeurer un leader politique, de leur tourner le dos sans rien expliquer ?
Pourquoi sacrifier vos chances sérieuses de diriger une gauche profondément renouvelée et en phase avec les couches populaires, sur l'autel de la simple perspective de conserver l'enveloppe d'un
parti socialiste si décrié par ses militants et sympathisants, qui ne sait plus ce qu'il a à dire au pays et se contente de suivre les politiques trop libérales en cours sans pouvoir même les
infléchir ? Le ralliement de nombreuses personnalités « socialistes » au panache de Nicolas Sarkozy n'a que ce sens. Ceux-ci ne vont que là où les vents dominants de la démagogie et du cynisme
les portent.
Or notre peuple à souhaité une autre orientation pour l'Europe. Pourquoi se forcer à la lui refuser ?
Qu' y aurait il de si compliqué, de si inavouable pour que les peuples européens n'aient leur mot à dire en Europe, sur son fonctionnement et les missions qui pourraient être les siennes au
regard du monde entier ? Pourquoi privatiser cette question, la confier à des doctes, des experts technocratiques ou des élus, et par là-même rétablir un type de démocratie censitaire, aux
antipodes de la démocratie participative qui vous est chère.
La renonciation automatique à la démocratie directe sur les enjeux européens est bien la preuve que le fonctionnement des institutions européennes est antidémocratique et c'est bien cela qu'il
faut changer aussi en Europe. Il faut donc ouvrir l'Europe au grand vent du suffrage universel !
Le respect de la démocratie dans notre pays ne vaut-il pas la peine de se battre?
J'aurai sans doute en vain tenté de vous convaincre, mais je sais en conscience ce qu'une femme debout aurait fait : se battre, c'est-à-dire le contraire de ce que vous apprêtez à
faire.
Samedi 09 Février 2008 - 00:11
Koffi Ghyamphy - Marianne2.fr
Sur une vieille cassette VHS (désolé pour la qualité de l'image), je retrouve ce court mais intéressant extrait de l'émission "l'Heure de vérité" (Antenne 2) où François-Henri de Virieu, Arlette Chabot et Albert du Roy recevaient Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, en 1992.
L'inscription de la politique dans la durée, l'exigence de solidarité, le souci d'une reconstruction de la gauche ("ouverture" ou "alliance"), la défense de ses valeurs, le souhait d'une politique plus proche des citoyens ... Tout y était déjà ou presque.
Y compris le débat de la limite entre vie privée et vie publique, qui rend François Hollande hilare.
Une liste de 24 mesures.
Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à convaincre les associations de son engagement en faveur de l'environnement. L'Alliance pour la planète, regroupement de 70 ONG, dont Greenpeace, le WWF, les Amis de la Terre, ont décerné hier des bulletins de note sur le contenu des programmes présidentiels. Malgré la signature du « pacte écologique » de Nicolas Hulot par la plupart des candidats, seules Dominique Voynet, Corinne Lepage et Ségolène Royal se situent au-dessus de la moyenne. Les deux premières sont ex aequo avec une note moyenne de 16,5 sur 20. Ségolène Royal est troisième avec 13. François Bayrou plafonne à 9, devant Nicolas Sarkozy qui ne dépasse pas 8,5.
La méthodologie est simple : les associations ont dressé une liste de 24 mesures qu'elles estiment indispensables, et accordent des points en fonction de la manière dont elles sont prises en compte. Le fait de souhaiter un moratoire sur les autoroutes, les OGM et l'incinération des déchets permettent à Dominique Voynet et Corinne Lepage d'engranger des points.
Extension urbaine.
La proposition de Ségolène Royal de lancer un plan d'économie d'énergie dans l'habitat avec un objectif d'isolation minimum à atteindre à l'occasion des transferts de propriété, portant sur 400.000 logements par an, ainsi que l'adoption de normes haute et très haute performance énergétique pour les constructions neuves est jugée de manière positive, « mais la question de l'extension urbaine, qui est une des premières causes de l'artificialisation des espaces naturels, n'apparaît pas dans ses priorités », remarquent les ONG.
Nicolas Sarkozy annonce vouloir doubler la fiscalité écologique, créer une redevance pour l'utilisation du réseau routier, une taxe sur le carbone importé et un crédit d'impôt environnement. Mais il serait illusoire de penser pouvoir financer le nucléaire et les énergies renouvelables en même temps, de financer le développement des autoroutes et des transports en commun, martèle l'Alliance.
J. CH. - [ 27/02/07 ]
- lesechos.fr