Ségolène Royal cherche à recréer l'ambiance des primaires de 2006

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Il flotte comme un parfum de présidentielle, millésime 2007, ce samedi matin 28 juin à la Maison de la chimie, à Paris, où sont réunis un millier de partisans de Ségolène Royal, venue présenter sa contribution "Combattre et proposer". Une longue ovation pour l'ex-candidate dès son arrivée, des "Ségolène, Ségolène !", des "On va gagner !" et même quelques "Ségolène, présidente !".

"Ici, les gens viennent faire de la politique avec le sourire, ce qui n'est pas toujours le cas au PS", s'émerveille Rita Raynaud, "ségoliste" convaincue, chargée ce matin-là de faire signer la contribution aux participants. "L'engouement reste intact ; c'est extraordinaire, on se croirait toujours en campagne", s'étonne Pascal Terrasse, député et président du conseil général de l'Ardèche. La prise de distance de certains anciens soutiens de Mme Royal tels Michel Sapin, Pierre Mauroy et plusieurs présidents de conseils régionaux ne l'inquiète pas. "Les militants ne votent plus selon les consignes qu'on leur donne. Ils se vont se prononcer selon ce qu'ils liront", assure-t-il. Si la volonté de recréer l'ambiance des primaires socialistes de 2006 est manifeste, pas question pour autant de se laisser entraîner dans ce qui pourrait apparaître comme un simple remake. Pour ces retrouvailles, à cinq mois du congrès de Reims, rien n'est laissé au hasard.

 

IMPRESSIONNER L'ADVERSAIRE

 

Candidate au poste de premier secrétaire, Mme Royal n'apparaît jamais seule. Elle est constamment entourée de plusieurs dizaines de personnes composant une garde rapprochée savamment dosée. En signe d'ouverture, elle prend soin de faire monter à la tribune quelques "grands témoins" extérieurs au PS, tels la metteur en scène Ariane Mnouchkine, Edouard Martin, délégué CFDT d'Arcelor-Mittal, Bertrand Monthubert, président de Sauvons la recherche ou le journaliste Edwy Plenel. Ségolène Royal veille aussi à ne recourir qu'au compte-gouttes aux expressions emblématiques ("ordre juste", "démocratie participative", "tout se tient") de son parcours à la présidentielle.

Estimant que le PS souffre d'un déficit de combativité, Mme Royal n'hésite pas à consacrer cette réunion comme "le premier grand rassemblement contre la politique" du "clan Sarkozy". Le message est clair : le rôle de leader de l'opposition était vacant, c'est désormais la présidente de la région Poitou-Charentes qui l'occupe.

Quant à la présidentielle de 2012, elle n'y fait référence que pour préciser que cette échéance "n'est pas (son) obsession". Sans jamais évoquer ses concurrents, elle lance un appel aux socialistes n'ayant pas encore rallié un camp à la rejoindre. "Régionaliste", Mme Royal s'adresse aux grands élus qui, autour de Gérard Collomb et Jean-Noël Guérini, ont mobilisé une partie de l'appareil derrière une contribution qualifiée de "très utile, respectable et de qualité". A Mme Royal, qui se dit pourtant peu portée sur la mécanique des congrès socialistes, il n'a pas échappé que la séquence des contributions consiste à impressionner l'adversaire.

Jean-Michel Normand in Le Monde - 30 juin 2008

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