La rhétorique, une affaire d'homme ???

Publié le par DA Créteil, etc...

Je ne résiste pas au plaisir de vous conseiller la lecture d'un article fort intéressant du journal suisse Le Temps, que vous pourrez retrouver en intégralité en cliquant sur le lien suivant : "La rhétorique reste-t-elle une affaire de messieurs ?"

La journaliste Christiane Pasteur a mené l'enquête sur cette question, titillée par le thème d'une conférence-spectacle donnée par le professeur de droit Gabriel Aubert, sous l'égide de l'Université de Genève. Voici quelques passages intéressants et invitant à la réflexion :


"Homme ou femme, en rhétorique, c’est un faux problème. C’est une question de travail", selon Gabriel Aubert. "Prenez Ségolène Royal ou Hillary Clinton. Elles ont leurs qualités et leurs défauts, mais voilà des femmes qui savent tenir une salle. En tout cas aussi bien qu’un homme."

[...]

Pour Sylvie Durrer, professeur en linguistique et chef du bureau vaudois de l'égalité, "Les femmes possèdent les compétences nécessaires, mais osent parfois moins. Et comme le public a moins l’habitude, il est plus attentif. Sitôt que le discours ne correspond pas à ses attentes, il se montre excessivement critique."


Pasionaria ou hystérique

Ainsi, une femme intervenant dans l’espace public prend le risque d’être assimilée à une pasionaria. Voire à une hystérique. Un exemple? "Obama a joué sur le même registre que Ségolène Royal, celui de l’émotion, avec un discours incantatoire sur le mode Yes, we can – on peut, mais quoi? – et tout le monde a trouvé ça formidable, on lui a fait confiance. Alors que le discours de Ségolène Royal, ses tenues, ses mimiques, ses mouvements de bras, ses postures physiques: tout a été jugé inapproprié."


Ce ne sont donc pas l’attitude ou les mots de l’oratrice qui surprennent. Mais bien sa présence dans un univers traditionnellement associé à la virilité. "L’histoire collective tend à nous faire croire que l’espace public est nécessairement masculin. Il n’y a qu’à voir les noms des rues, des places, des statues : la figure masculine y est nettement surreprésentée", rappelle Sylvie Durrer.

[...]

 

"L’exclusion des femmes de la parole publique n’est pas réfléchie", ajoute Sylvie Durrer. "C’est le résultat de siècles d’histoire où la femme a été confinée à l’espace domestique. Toute cette histoire collective qu’on trimbale et de laquelle il faut apprendre à se distancer."

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